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2.07.1789 - Au Palais-Royal, le peuple manifeste contre la présence des troupes de Broglie.
3.07.1789 - Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, est élu à la présidence de l'assemblée, ceci après que le Duc d'Orléans refusa la place.
3.07.1789 - Le roi fait parvenir à l'Assemblée une lettre décrivant les mesures qu'il allait adopter pour rétablir l'ordre dans les rues de Paris.
5.07.1789 - L'Hôtel des Invalides est mise en état de défense.
6.07.1789 - L'Assemblée crée un Comité de constitution.
7.07.1789 - Arrivée du régiment de Royal-Allemand à la Muette. Ceci dans le même temps qu'à Versailles les députés décident de prendre le titre d'Assemblée nationale constituante avec un comité spéciale dont Jean-Joseph Mounier fut le premier rapporteur (30 députés seront membres de ce Comité).
8.07.1789 - Dans le journal du marquis de Bombelles nous pouvons lire que le régiment Royal-Allemand s'est installé sur le Champs-de-Mars, que celui de Provence-infanterie est arrivé à Saint-Denis ce jour même, et que le train d'artillerie s'est établi à l'Hôtel des invalides. Ces mouvements de troupes ont généré une motion de la part de Mirabeau. Bombelles ajoute que le silence de ce même Mirabeau fut acheté, et qu'il aurait proposé avant cela l'éloignement de ces contingents en les substituant à une milice bourgeoise destinée à la garde personnelle du roi ainsi qu'à la gestion de la garde de Paris.
Et Bombelles précise encore que l'archevêque de Vienne, défendant la motion de Mirabeau, s'est rendu auprès du roi à 18 heures pour lui solliciter une députation en vue de l'écartement de ces troupes. Le roi lui aurait répondu qu'il n'avait pas matière à inquiétude du côté des états généraux, mais l'intervention inopinnée du maréchal de Broglie ne sécurisa en rien cette idée. Ce vieux militaire, outrepassant la préséance, rappela ouvertement à l'archevêque que seul le roi conservait l'autorité absolue sur tout le pays.
Seule autorité au roi, certes, mais pour l'heure, c'est 30 000 soldats sous le commandement de Broglie qui stationnent en région parisienne.
9.07.1789 - LAssemblée nationale se proclame Assemblée nationale constituante.
Et, Mirabeau adresse une demande au roi réclamant le retrait des troupes étrangères massées autour de Paris.
11.07.1789 - Au sein de l'Assemblée, c'est ce jour un revirement de situation quant aux mesures à prendre en vue du respect de la monarchie. D'une part la disette s'agrave un peu partout en France, et d'une autre part les réponses de complaisances émises par Louis XVI sur la militarisation de la capitale plongent la majorité dans la crainte des autorités. De plus, le roi, sous l'influence de ses frères et de son épouse, fait signifier le renvoi de ses ministres Necker, Puységur et Montmorin ( Barentin conserve son poste, Broglie se voit projeté au ministère de la guerre, le duc de La Vauguyon à celui des affaires étrangères et Breteuil à la tête du gouvernement).
12.07.1789 - Paris est au courant de tous les évènements de la veille : du refus de Castries au pouvoir qui lui fut proposé au sein du nouveau gouvernement ainsi, et surtout, du renvoi de Necker - le plus grave (celui-ci est perçu tout autant comme le bouclier tourné contre les spéculateurs, autant que la sauvegarde des rentiers).
C'est l'émeute !
Chez le Duc d'Orléans - le Palais Royal -, où la police n'avait pas de droit d'intervention, l'agitation prend naissance à l'écoute d'orateurs tel Camille Desmoulins qui commandait l'insurrection aux parisiens dans les
termes suivants : Citoyens, vous savez que la nation avait demandé que Necker lui fut conservé, on l'a chassé ! Peut-on vous braver plus insolemment ? Après ce coup ils vont tout oser et, pour cette nuit, ils méditent, ils disposent peut-être, une Saint-Barthélémy des patriotes ! Aux armes ! aux armes ! Prenons tous des cocardes vertes, couleur de l'espérance...
Aussitôt, Paris s'embrasa, et partout se formèrent des cortèges de bélligérance.
Rixe des Tuileries, le 12 juillet 1789
Besenval, adjoint de Broglie, donnait l'ordre au prince de Lambesc de dégager les Tuilleries. Cet affrontement entre le Royal-Allemand et la population ne fit que quelques blessés, mais l'émeute amplifiant fut soutenue par les gardes-françaises.
13.07.1789 - À Paris, les incendies, les pillages, les affrontements s'augmentent, et Besenval semble laisser faire.Le couvent des Lazariste est dévasté.
Pillage de la maison de Saint-Lazare
Malgré la multitude de miséreux insurgés composant cette anarchie, quelques électeurs du Tiers organisèrent la révolte en se substituant à l'autorité municipale, et en instituant un comité permanent assorti d'une milice bourgeoise.
Attaque des gardes-meubles
Jacques de Flesselles, prévôt des marchands et maire de Paris, sera porté à la tête de ce comité. Restait à fournir d'armes la nouvelle milice. Les gardes-meubles furent assailli ce jour.
14.07.1789 - Menée par le curé de Saint-Etienne du Mont, une foule parisienne s'empare de 30 000 fusils alors stockés aux Invalides. Le gouverneur de la place, Sombreuil, ne put s'y opposer. Puis, ce fut autour de La bastille que la population se concentra. Elle réclamait des armes et de la poudre. Parmi les assaillants - des artisans du faubourg Saint-Antoine pour la plupart - nous comptons Pierre Augustin Hulin comme l'un des principaux meneurs du siège. Le comte de Launay, gouverneur de la forteresse, en dirigeant ses canons vers la foule, manifesta sa ferme intention de ne pas capituler, mais néanmoins consentit à recevoir une délégation des insurgés.
Cette dernière, conduite par Jacques Alexis Thuriot, fut vaine car à peine sortait-elle de l'enceinte du château que l'attaque était donnée. Elle fut une première fois violemment repoussée, mais les gardes-françaises venant se joindre aux parisiens, le comte de Launay
offrit sa réddition. Mal lui en prit puisqu'il fut massacré sur le parcours le menant
à l'Hôtel de ville. Là, où Flesselles paya sa timidité aux opérations de pillage par une balle dans le corps (il aura été livré à la foule par Garran de Coulon). Les prisonniers de La bastille furent tous libérés, et, plus tard, la démolition du bâtiment fut confiée à l'entrepreneur Palloy qui s'enrichit en vendant les matériaux en qualité de souvenirs (Au soir de ce 14 juillet, et même le lendemain, les têtes de Flesselles et de Launay furent promenées sur une pique, dans les rue de Paris).
Mort de Flesselles
15.07.1789 - Aux vues des évènements de la veille, et de crainte qu'il s'en présentent d'autres d'identique nature, Louis XVI annonce à l'Assemblée qu'il fait immédiatement retirer ses troupes de la capitale.
À Paris, le comité permanent de l'Hôtel de ville se transformait en Commune de Paris. Jean Sylvain Bailly fut élu maire, et le marquis de La Fayette se voit confier le commandement de la milice bourgeoise qui sera rebaptisée Garde Nationale. Quant à la police, elle sera confiée à Manuel.
16.07.1789 - Contraint, le roi rappele Necker au gouvernement, tandis que les électeurs parisiens décident de la destruction de la Bastille, et, qu'à Lyon, se constituent une milice et un comité permanent ; tout comme à Rennes.
17.07.1789 - Louis XVI se rend à l'Hôtel de ville afin de reconnaître les prérogatives ainsi que la légitimité de la nouvelle commune (le suppléant Jacques Delavigne lui prononcera un discours). Donc le roi cède ; il cédera même plus en acceptant de travestir sa boutonnière de la cocarde "Desmoulins" ayant alors adopté les couleurs bleu, blanc rouge (idée de La Fayette) ; Camille Desmoulins qui, ce même jour, fera paraître son premier numéro de La France Libre. Pour la Cour et la haute noblesse, la situation parlait d'elle-même. Intelligement donc, beaucoup quittèrent le pays. Le comte d'Artois en Hollande, les Polignac,le duc de Bourbon, le duc d'Enghien, le prince de Condé, Breteuil et Broglie, pour ne citer qu'eux. Et partout dans le pays l'anarchie s'installait. Les intendants, sans plus de réelles instructions, se voyaient chassés quand ils n'étaient pas tués, les électeurs s'attribuaient des pouvoirs municipaux, par endroits les autorités en place purent se maintenir par la force, mais d'une vue générale, les derniers évènements parisiens changèrent considérablement la gestion du pays.
Et ce fut également la peur qui s'installa dans l'âme de tous. La peur d'une rétorque de la noblesse, mais aussi la peur du brigandage qui, en l'absence de force constituées s'attaquait à tous les milieux ruraux. Cette période sera nommée celle de La Grande Peur.
18.07.1789 : Martineau réclame à l'Assemblée l'organisation des milices bourgeoises.
20.07.1789 - Partant de Nantes, la panique gagne les vallées de la Sèvre et de la Maine, avant de bousculer Cholet. Aussi, à Strasbourg, l'Hôtel de ville est saccagée.
21.07.1789 - De bélliqueux mouvements de foules détruisent un peu partout, autour de Bressuire, Parthenay, puis Thouars, Alençon, Chartres et Le Mans. Mais ce serait ici dresser un tableau fort succinct de la situation nationale en ces moments troubles, car au-delà des régions précitées, nombre émeutes et rixes meurtrières dévastaient le pays en autres endroits. Entendons-là que la prise de la Bastille, et auparavant les dires du roi quant à sa détermination de ne rien réformer au sein des armées, avait motivé ses dernières au ferme refus de tirer sur la population.
22.07.1789 - Depuis 1788, une rumeur circulait dans tout le pays, comme quoi la noblesse et autres spéculateurs prévoyaient d'exterminer la population en vue de mettre un terme à la famine. Ce jour, la foule, animée de cette crainte - ou de ce motif - s'en prit à l'intendant Bertier de Sauvigny qui fut massacré en place de grève. Il aurait fait couper les blés verts, disait-on. Tout comme celles de Flesselles et Launay, sa tête ainsi que celle de son beau-père Foullon de Doué furent exibées à l'extrémité d'un pique dans nombre rues de Paris. Ceci, tandis qu'au Mans, l'émeute devient particulièrement meurtrière. Suite à ces évênements particulièrement houleuxLa Fayette proposera sa démission.
Tête de Foullon
23.07.1789 : Necker, Montmorin et Saint-Priest reprennent place à Versailles.
24.07.1789 - À Paris est mise en place une nouvelle administration municipale, formée de 120 représentants élus par les 60 districts de la ville.
25.07.1789 - L'Alsace s'embrase à son tour, et c'est l'émeute à Colmar.
26.07.1789 - Emeute à Mâcon.
27.07.1789 : Des ouvriers de Montmartre détruisent les blés de la plaine Saint-Denis.
29.07.1789 - Porté en triomphe, Jacques Necker revient au gouvernement pour la troisième fois, mais les premiers échaufourés interviennent entre la milice bourgeoise et la population paysanne près de Cluny.
29.07.1789 : L'Assemblée constituante s'impose un règlement qui prévoit un archiviste en charge de conservation des "pièces originales relatives aux opérations de l'Assemblée".