Club littéraire d'Ile de France est un site de publication internet de littérature francophone. Vous desirez lire des textes inédits ou publier vos propres textes ? Nouvelles fantastiques, romantiques ou fantaisy... Des poesies, des essais ou autres... N'hésitez pas à nous contacter. Vous êtes le bienvenu !
2 Mai1789 – Présentation au roi des députés aux états généraux.- environ 300 membres du clergé, 300 pour la noblesse ; 578 ou 598 pour le Tiers-état. (En ce qui concerne le Tiers, le roi fut présenté, encadré de ses deux frères). Au sein du clergé dominaient les petits curés, parfois manifestement opposés aux grands vicaires. La noblesse, elle aussi se divisait en trois tendances : les grands - conservateurs, pour la plupart -, les libéraux tournés vers les idées britanniques, et les petits, quelquefois davantage liés à leurs faibles avantages qu’aux vraies réformes à envisager, mais ce qui permet d’affirmer que la révolution à venir fut une révolution bourgeoise, c’est que le Tiers-état – représentant du peuple – fut essentiellement composé de bourgeois négociants, médecins, universitaires, officiers municipaux, juristes et avocats, donc déjà forts orateurs quant à l’influence des débats d’élections.
Enfin, cette journée retiendra que le roi, assis et muet, ne traduisait aucune manifeste compassion à l’égard des près de 1200 députés.
4 Mai1789 – Procession des états généraux à Versailles (Procession du Saint sacrement à l'église Saint-Louis, où chaque ordre était vêtu de convention : le haut clergé de cape rouge ou violette, la noblesse de veste de drap d’or, et le Tiers-état de noir). Cette journée se termina par un sermon de La Fare, évêque de Nancy.
Dessin d'Augustin de Saint-Aubin
5 Mai1789 - Ouverture des états généraux par le roi à Versailles,
à 8 heures, dans la salle des Menus-Plaisirs, aménagée par Paris (la reine et la cour étaient aussi présentes). Ce fut alors l’appel de tous les bailliages qui occupa la matinée entière (certaines élections n'étaient pas encore terminées). Là, furent applaudi, outre le ministre Necker, M.Bergasse, le Duc d'Orléans et l’évêque de Nancy (Mirabeau
fut hué, par contre). Ensuite le roi, à son tour, fut applaudi pendant et au-delà de son discours récompensé par « Vive le roi ».

Puis, ce fut au tour de Barentin, le garde des sceaux, à prononcer son discours, avant celui de Necker qui se prolongea durant trois heures, avec parfois l’aide d’un autre lecteur, et qui lassa l’assemblée autant que Louis XVI qui déclara clos les débats du jour.

6 Mai 1789 – Lors de la vérification des pouvoirs des députés, éclate un conflit entre les trois ordres des états généraux. Le Tiers-état refuse de se constituer en chambre particulière, et s’installe dans la chambre générale. Ensuite, il proposera aux membres de la noblesse et du clergé à se joindre à lui. Au sein de la noblesse, pour cette décision de réunion, les votes furent contre à 188 voix opposées à 46. Le clergé fut plus divisé (133 voix contre 114). Ce jour, du côté du Tiers, les plus virulents orateurs furent Mounier et Mirabeau. Quant au roi, il resta indécis. Au soir, chaque ordre demeurait en chambres séparées pour la vérification des pouvoirs.
La tendance s’orientait alors vers la conformité des états généraux de 1614, mais, assurément, le bon sens ne voulait toujours pas s'associer aux débats, puisque le doublement du Tiers ne servait plus à rien.
10 mai 1789 : Publication du premier numéro des Lettres du comte Mirabeau à ses commettants, fondé par
11 Mai 1789 – La noblesse, se constituant en chambre particulière, refuse le principe du vote par tête (ce qui n’avait pas été défini lors de la rédaction des lettres du roi du 24 janvier).
Le clergé suspendra alors la vérification des pouvoirs de ses élus.
20 Mai 1789 - Fin des élections des députés parisiens aux états généraux. Ce même jour le clergé fera savoir qu'il renonce à ses privilèges fiscaux, et qu'il reste favorable à l'égalité de tous devant l'impôt (ce qu'également la noblesse déclara deux jours après).
23 Mai 1789 –Echec de la première réunion de conciliation des commissaires des trois ordres.
25.05.1789 – Enfin, les députés parisiens viennent siéger aux états généraux. Echec de la deuxième réunion de conciliation des commissaires des trois ordres.
30.05.1789- Echec de la troisième tentative de conciliation en présence des commissaires nommés par le roi.
30.05.1789 – L’abbé Claude Fauchet
fait publier « De la religion nationale ».
1.06.1789 – D’Ailly est élu doyen du tiers état.
3.06.1789– Jean Sylvain Bailly remplace d'Ailly
comme doyen du tiers état.
4.06.1789 - Déjà gravement malade, le jeune dauphin Louis Joseph François Xavier meurt à Meudon à l’âge de sept ans. Le roi, en deuil, et profondément altéré, se retire à Marly.
Le dauphin, Louis Joseph François Xavier
4.06.1789 – Le ministre Necker propose aux trois ordres un projet d’accord que le clergé acceptera.
6.06.1789 – La noblesse refuse la proposition de Necker.
10.06.1789 - À l’instigation de Sieyès, le tiers état décide de commencer seul la vérification des pouvoirs des trois ordres. Aussi, avec Mirabeau, Barnave, Bailly, Camus, Le Chapelier et Mounier, il invitera le clergé et la noblesse à se joindre à eux. Il s'agissait là davantage d'une sommation !
(Le Tiers précisait qu’il était le représentant de la nation, et qu’il procéderait à l’appel de tous les élus).
Au soir, Mirabeau rend une visite à Necker. Hélas, l'entretient n'offrira aucun point positif.
12.06.1789 - Le Tiers-état, seul, commence sa vérification des pouvoirs dans la salle des Menus-Plaisirs.
13.06.1789 – Trois curés se joignent au tiers état : Lecesve, Ballard et Jallet.
L'abbé Grégoire
14.06.1789 – Six autres curés se joignent au Tiers. Parmi eux, l’abbé Henri Grégoire.
15.06.1789 – Dix curés supplémentaires gagnent le Tiers-état.
16.06.1789 - À l'assemblée, les Communes se déclarent légalement constituées, en prenant le titre de Représentants du peuple français (encore une proposition de Mirabeau). Siéyès préfère Assemblée nationale. Malouet s'y oppose, et le président Bailly remet le vote au lendemain.
17.06.1789 – Toujours sur proposition de Sieyès, considérant que le Tiers-état représente 96 % de la nation, celui-ci se déclare « Assemblée Nationale ». Cette nouvelle assemblée autorisera néanmoins que l’impôt traditionnel soit encore perçu dans l’immédiat.
Bref !, la motion de Sieyès sera votée par 491 voix contre 89.
18.06.1789 - Au sein de la noblesse, Lally-Tollendal, Adrien Duport, La Fayette, Stanislas de Clermont-Tonnerre, Alexandre de Lameth, Mathieu de Montmorency, La Tour Maubourg, La Rochefoucauld, d'Aiguillon et le duc d'Orléans réclament la réunion à l'Assemblée. Ils rencontrèrent beaucoup d'adversités, et d'Eprémesnil exigera même la dissolution des états généraux.
19.06.1789 - Le clergé vote la réunion à l’Assemblée nationale. Cette réunion fut cependant votée par 149 voix contre 137. Cependant, tant le haut clergé ne souhaitait pas céder, tant la noblesse refusait majoritairement, en faisant même pression sur le roi qui ne semblait à peine convaincu des méthodes fortes que lui inspirait sa famille.
19.06.1789 – Necker présente un plan à Louis XVI .
20.06.1789 – Sur l’ordre du roi, la salle des Menus-Plaisirs fut fermée aux députés (sous prétexte de travaux). Alors, les élus du Tiers – particulièrement en colère, et sur proposition de Guillotin - investirent une autre salle proche : celle du jeu de paume. Là, suivis d’une foule de curieux, ils prêtèrent un serment rédigé par Bevière, Target et Sieyès, et lu par Jean Sylvain Bailly
: « L’Assemblée Nationale, considérant qu’appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle ne continue ses délibérations dans quelque lieu qu’elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale :
« Arrêté que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun en particulier confirmeront par leur signature cette résolution inébranlable. » De ce serment, il n’y eu qu’un unique refus.
21.06.1789 - Le conseil du roi rejete le plan Necker.
22.06.1789 – Les députés, installés dans la nef de l’église Saint-Louis reçoivent 150 membres du clergé et 2 représentants de la noblesse.

23.06.1789 – En séance plénière, Louis XVI accepte la liberté de la presse, et invite les privilégiés à reconnaître l’égalité fiscale. Par contre, il s’opposa – très clairement cette fois-ci – au vote par tête exigé du Tiers, et, d’autorité, invita les trois ordres à délibérer séparément.
Cette injonction fut même assortie d’une menace de dissolution en cas de non soumission.
Historiquement, il reste incontestable que la haute noblesse avait gagné d’influence sur le monarque, jusqu’ici indécis aux débats de la question.
Alors tandis que les grands vicaires quittaient les lieux après le départ du roi, tandis que l’ensemble de la noblesse en fit de même, une majorité demeurant sur place entendit un rappel de la volonté du roi de la bouche de Dreux-Brézé, le maître des cérémonies.
Toujours assis, l’astronome Jean Sylvain Bailly lui répondit qu’une nation assemblée ne pouvait recevoir d’ordres ; et Mirabeau
d’ajouter « nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ».
Cette détermination du Tiers, ainsi que l’occupation des cours de Versailles par des centaines de parisiens et autres, indiquaient au roi la fin de son absolutisme.
L’Assemblée lui avait résisté !
24.06.1789 – La majorité du clergé rejoint le Tiers, et parce que l’archevêque Leclerc de Juigné demeurait hostile à la réunion des trois ordres, la foule de Paris détruit son carrosse.
25.06.1789 - 47 nobles, y compris le Duc d'Orléans, s'assemblent avec le Tiers. Nous compterons également parmi eux, Duport, le duc de Luynes et La Rochefoucauld.
26.06.1789 :Louis XVI fait abolir les lettres de cachet.
27.06.1789 – Le roi invite le reste de ses fidèles à joindre l'assemblée, mais d'importants mouvements de troupes s'agitant autour de Versailles et Paris inquiètent beaucoup tout autant les députés que la population. Après nombre manifestations dirigées contre lui, le député archevêque de Paris, Leclerc de Juigné consent à joindre ses collègues du Tiers-état.
30.06.1789 - À Paris, les gardes-françaises désobéissent à leur colonel, le duc du Châtelet, et parcours les rues de la ville en criant "nous sommes les soldats de la nation". Onze d'entre-eux furent arrêtés et emprisonnés à l'Abbaye, mais Loustalot, avocat et journaliste, pousse une foule vers la prison, et fait ainsi délivrer les déserteurs. Plus tard, à la demande de l'Assemblée, ils seront graciés par le roi.
Le peuple délivre les gardes-françaises enfermées à l'Abbaye Saint-Germain, le 30 juin 1789 - Dessin de Prieur -