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Agnès

  

Agnès


 

« Toute bonne décision peut se voir assortie de résultats, autant que véhémence
irréfléchie ne saurait jamais ne pas être suivie de tristes conséquences. »







-   Je vous laisse fermer, madame Sénéchal ?...
-   Oui, Sébastien..., merci !
-   Bonsoir !
-   Bonsoir..., à demain !
Absorbée par le dossier qu'elle traitait, Agnès n'avait pas levé les yeux durant ce bref échange de politesses ; d'ailleurs, elle ne détourna son attention qu'une demi-heure plus tard, lorsqu'elle eut achevé son travail.
Agnès n'était pas femme à remettre au lendemain ce qu'elle devait faire le jour même. De toute façon, demain, il y aurait encore d'autres dossiers à dégrossir, et tous probablement plus importants les uns que les autres. Depuis huit ans qu'elle travaillait à l'agence, Agnès avait scrupuleusement observé ce rythme de dossiers traités quotidiennement. Ce qui maintenait l'équilibre de la production car, l'essentiel de la plupart des autres fonctions, occupées au sein de l'entreprise, dépendaient d'une organisation de base dont la responsabilité lui était entièrement confiée. De ce fait, jamais elle ne se serait écartée de la rigueur qu'elle s'imposait à ce poste, et, ses dirigeants, réfléchis et stratégiques, en aucun cas auraient pu remettre en cause l'ensemble de ses méthodes de travail, estimées de la plus haute efficacité. Bien entendu, elle connut des jours de faiblesse, des lendemains fiévreux, mais son pragmatisme avortait aussitôt les retards de la veille, et aussi, son absence demeurait autogérée avec une telle précision qu'aucun de ses supérieurs n'eut la nécessité d'occuper son bureau durant ne serait-ce qu'une seule seconde. Cette indubitable compétence s'échangeait, bien sûr, contre l'un des salaires les plus élevés de tous les effectifs ; ce qui n'était que justice, malgré l'insuffisance toute relative de l'investissement de sa personne. Dans le passé, Agnès avait tenté en vain d'accéder aux professions qui la motivaient davantage, comme tous, lorsque notre jeunesse sait maintenir sa fougue instinctive.
Hélas, et toujours par besoins plus urgents, en vertu de nécessités immédiates donc, elle n'avait pu suivre aucune formation non rémunérée, et, de ce fait, dut accepter des emplois subalternes d'aucun intérêt, et parfois même exigeant d'énormes efforts physiques. Aussi, elle signait souvent pour des contrats de courtes durées, ceci à des périodes stratégiques.
Ce fut néanmoins une part d'ambition conservée, ainsi que quelques opportunités, qui la fît évoluer vers des activités commerciales.
Là, au fil des années, peu à peu, elle acquit une notoire expérience, se distinguant d'une place à une autre.

Oh ! rien n'était facile pour elle.  
N'ayant jamais été décisionnaire à bien des endroits, où pourtant elle aurait excellé, elle dut subir trop fréquemment le résultat d'échecs collectifs qui, à chaque fois, la ramenait au point zéro de sa carrière. Aujourd'hui, à quarante deux ans, encore beaucoup de ses comportements, et disons la quasi-totalité de ses actes, se construisent accompagnés de l'anxiété, de la crainte d'une perte de production ou du spectre d'une nouvelle structure générale la défavorisant.
Enfin, voyons qu'Agnès, non moins observatrice des pénuries d'emploi assombrissant son époque, alimente le stress permanent et identique pour nombre de cadres en notre fin de siècle.
Elle fut un temps mariée, mais très vite, au-delà de la cérémonie, Monsieur Sénéchal se trouva plus à l'aise dans le lit d'une autre, et, cette union fut aussi rapidement dissoute qu'en furent publiés les bans. Rien de grave à cela, puisque une femme seule, certes c'est encore comme un chaland sans barre, mais si elle dérive, jamais elle ne coule.
Bref ! cette mésaventure ne lui laissa qu'un nom, cependant phonétiquement plus désagréable à porter en comparaison de celui qu'il remplaça ; entendons celui que la mère d'Agnès avait également hérité d'un autre homme de passage. Un certain monsieur Grandjean dont elle ne saura peut-être jamais si elle en fut la fille.
Une fois de plus, Agnès Sénéchal rentre tard !
Aucune espèce d'importance, car elle vit seule et il y a tout ce qu'il faut à la maison…
Deux courriers dans la boîte aux lettres : l'E.D.F. (la facture) et un pli de Maître Garrault, avocat rue Raynouard, dans le seizième. Celui-ci, ce courrier, est étrangement adressé à Madame Agnès, Lucienne, Amandine SENECHAL ; autant dire les complets prénoms de son état civil.
En voici le contenu :
Madame,
À la demande de l'étude Séguier et Bachélery de Villeneuve-Loubet, et dans le cadre d'une rédaction testamentaire concernant la succession des époux Georges et Irène Grandjean, domiciliés à Roquefort-les-Pins (Alpes Maritimes), et dont vous seriez apparentée, nous vous demandons, par la présente, de bien vouloir nous contacter, ceci dans les meilleurs délais.
Toutefois, vous rappelant ici que seul Maître Séguier demeure en charge officielle de ladite succession, je tiens à vous préciser que notre entretien ne revêt aucun caractère obligatoire, et qu'il vous reste entièrement légal et possible de l'éluder.
Dans l'attente de vous lire, à défaut de votre visite que néanmoins nous espérons, je vous prie de bien vouloir accepter mes salutations les plus distinguées.

M. Edouard GARRAULT.
Vous vous en doutez, l'esprit d'Agnès fut fort en mouvement de cette lecture. Tout d'abord, les termes, les uns situés derrière les autres, ne sont guère employés, à son avis, au respect d'un langage dit purement juridique. Elle n'aurait rien à en conclure si justement ce n'était pas un avocat mandaté par un notaire qui lui écrivait.
Ici, disons que les formes souffraient d'un estimé manque de conventionnel.
Ayant, dans l'exercice de sa profession, de nombreux rapports avec les juristes et officiers ministériels de toute nature, le ton et la conclusion de cette lettre lui sollicitaient autant de nébuleuses dans l'analyse directe du texte que de perturbations tout autant directe
quant à la découverte du sommeil.
C'est sûr ! demain, elle appellera cet avocat ; c'est sûr ! Grandjean
reste son nom de jeune fille, mais qui sont ces gens auxquels elle
aurait part à succession ?... Et que dissimule cette façon de la prier
à un entretien tout en insistant pour qu'il n'est pas lieu ?
Ne conviendrait-il pas de comprendre, entre les lignes, qu'il demeure préférable de s'abstenir dans cette affaire ?...
Ou, serait-ce le contraire ?
N'y auraient-ils pas d'autres intérêts lésés par son éventuelle
visite ?...
Le lendemain de cette nuit blanche, Agnès, sans être informée
davantage, prit rendez-vous pour le samedi suivant.
Maître Garrault est un homme de très haute corpulence ; disons
impressionnant autant par sa taille que par son verbe tonitruant.
Disons qu'il mise beaucoup sa carrière sur son charisme masculin !
Agnès n'en demeure pas moins très attentive à tous les propos qui sont avancés, et ne s 'alarme pas du reste ; entendons de ces propos qui tentent, à vrai dire, à placer la situation dans le sein d'une gravité invitant au recul.
Observons ce qui est dit :
-   Monsieur Georges Grandjean souhaiterait se rendre à Paris la semaine prochaine pour vous rencontrer. Pour ma part, il m'a convaincu être votre père...Aussi, l'état civil le prouverait ; quoi qu'il subsiste un doute, il dit bien vous avoir reconnu... Maintenant, je ne suis pas sans savoir qu'il vous a abandonné, vous et votre mère en 1946, mais il s'en explique. Du moins, il en apporte une raison ; sa raison, et de tout le reste, son premier désir serait de s'en entretenir. C'est d'ailleurs ici, où réside l'essentiel de mon intervention.
À savoir, et je le répète, que votre père souhaite vous connaître, car Maître Séguier, lui, vous entend comme l'unique enfant légitime, et par conséquent, le seul ayant-droit de la succession Grandjean.
-   Mais, quelle est cette succession ?
-   Ça, je ne puis vous le dire... Mon rôle se limite pour l'heure, à vous mettre en relation avec votre père.
-   Ecoutez, de mon côté, je ne souhaite absolument pas dialoguer avec ce Monsieur qui se dit être mon père. Du reste, il le serait vraiment que cela serait encore pire pour moi. Comprenez, un homme que je n'ai jamais connu, un homme qui a fait souffrir ma mère par sa désertion, pour ne pas dire sa fuite ; ce père qui m'a tant fait défaut au cours de mon enfance, comprenez qu'à présent je ne peux qu'en demeurer totalement indifférente.
-   Dois-je entendre là votre catégorique refus ?
-   Bien entendu !... Ceci pour une part de ce que vous m'apprenez. En disant cela, Agnès, de faible expérience juridique, mais, comme nous l'avons déjà signalé, de contact fréquent de la corporation, pensait avoir signalé à son interlocuteur qu'elle n'était pas que néophyte. Au-delà, elle devint plus interrogative, plus incisive sur les réponses obtenues.
-   Lorsque vous dites qu'il subsiste un doute sur ma filiation, duquel voulez-vous parler ?
-   Sur votre acte de naissance, aucune confusion n'est possible quant à votre entière identité ; sur celle de votre mère également, mais pour la sienne, à Monsieur Grangjean, la mention de tous ses prénoms ne correspond que partiellement, et, celle de son ascendance, après recherches, le confondrait avec un autre.
-   Pourquoi alors, ce notaire s'enquiert de ma personne ?
-   À ses vues, Madame, mandaté pour l'heure d'un testament dit authentique, à défaut peut-être de se voir olographe, il ne peut omettre toutes les hypothèses généalogiques susceptibles d'engendrer des procédures ultérieures.
De mon côté, je pense qu'il ne s'agit que d'un souci de conformité de fond davantage qu'autre chose, et que Monsieur Grangjean n'agit ici qu'en rapport aux exigences de l'étude.
Là, Agnès devint quasi instantanément excédée par ces dires. Déterminée par une inviolable rancœur à l'égard de qui aurait pu être son père, elle quitta le siège qu'elle occupait, et, de fierté, insista sur un fait.
- Maître, dit-elle, volontiers et de convictions qui me restent personnelles, je ne tiens pas ni à connaître ce Monsieur Granjean, pas plus que d'en devenir son héritière. Entendez également que d'en attester, d'une manière ou d'une autre, mon appartenance à cette succession - à quoi que ce soit du reste en ce sens -, équivaut à reconnaître, à mon tour, un père qui, juridiquement, après plus de trente ans, manifesterait le besoin d'avoir une fille.
-   Je vous comprends, je vous comprends, cautionna Maître Garrault. Nous allons donc libeller cela.
-   C'est-à-dire ? releva Agnès.
-   Eh bien, tout simplement en signant une réalité qui vous est personnelle...
Disons qu'il n'est pas votre père, que vous ne souhaitez avoir aucun contact avec ce Monsieur donc, et par conséquent, que Maître Séguier vous atteste en dehors de ses actes futurs.
Ici, tout de même, Agnès eut le sentiment que l'avocat se résignait un peu trop rapidement au fait de l'échec de sa mission.
-   Ce Monsieur Grandjean, est-il riche ? demanda-t-elle ; a-t-il d'autres enfants lésés par mon existence ?
-   Un seul neveu, je crois bien, mais je n'ai pas entendu parler de fortune, répondit Maître Garrault en échappant un sourire qui voulait réduire et banaliser l'importance pécuniaire de ce dossier.
Il se leva à son tour, et invita son interlocutrice à patienter les quelques minutes nécessaires au libellé de ce qu'ils venaient de convenir.
Le texte demeurait très court, mais ajoutait cependant une affirmation sur laquelle Agnès n'avait pas vraiment mis l'accent.
À savoir encore que le document commençait par la certitude qu'elle n'était pas la fille de ce Monsieur Georges Grandjean.
Au-delà d'un bref débat sur ce point, Agnès signa néanmoins cette attestation sans plus hésiter lorsque Edouard Garrault lui fit comprendre que résidait ici la première garantie de ne plus jamais être concerné, ni même voire importuné. Aussi, la raccompagnant dans le hall de l'immeuble, il la félicita de la position catégorique qu'elle venait d'adopter dans cette affaire en lui précisant que, trop souvent, au terme d'une succession, les droits à payer se révélaient plus conséquents que la réelle nature et jouissance du legs - ce qui, d'ailleurs reste fort aberrant dans notre pays.
Ce fut alors, sur cette conviction partagée que ces deux personnes se saluèrent très courtoisement sans plus jamais se revoir.
Durant beaucoup de lendemains, Agnès ne cessa de s'interroger sur une décision que peut-être avait-elle prise à la hâte. Non pas sur sa détermination à n'accepter aucun contact avec son père, dont le lointain comportement ne méritait que l'indifférence qu'elle avait choisi, en effet sans regret, mais en marge de cela, n'avait-elle pas rejeté un héritage, qu'à y bien regarder, elle omit le soin basique d'en connaître la teneur .
N'avait-elle pas délibérément écarté la perspective d'un avenir plus
luxueux, moins laborieux, à la comparaison de celui qu'elle élimait de routine depuis déjà plusieurs années ?
Le temps qui passe et une suite de tracasseries matérielles exilèrent
peu à peu cette question, qui, néanmoins, souffrait toujours de
l'absence de son dénouement.
Près de quatorze mois s'écoulèrent ainsi avant qu'Agnès apprenne le
décès de Monsieur Georges Grandjean au cours de la même minute où elle s'informait de ce qu'il avait été. De cela, une bonne part s'y
trouvait rédigée à la troisième page d'un mensuel économique sous le pompeux titre suivant : Mort d'un empereur.
Le défunt, connu dans le milieu industriel, était le principal
actionnaire du groupe hôtelier Arpade International, et à la tête de cinq autres holdings, notamment celui réunissant BEER industrie et Corsa-Vendening ; aussi, personnellement propriétaire d'un vaste domaine situé sur la côte amalfitaine, la maison de Roquefort et de nombreux appartements et autres biens ; la plupart à Nice, Monaco, Paris, Vienne, Houston, Edimbourg et Venise.
Bref ! une énorme fortune, comme le suggérait l'auteur de l'article, et dont maintenant Thierry Carpentier, le neveu du milliardaire disparu, aurait seul à gérer les multiples ramifications de cet immense héritage, comparé ici à un véritable empire financier.
Il était d'ailleurs dit un peu plus loin, qu'au regard de la constitution
mondiale de ce patrimoine, l'évaluation fiscale de ce legs demeurait
pour l'heure imprécise.
À la lecture de cela, ainsi qu'à celle d'autres quotidiens évoquant le même sujet, Agnès pensa, non à tort, qu'elle avait été abusée, évincée avec panache puisque avec l'aisance d'une flagrante rapidité dont elle s'en considérait, à présent hélas, la principale responsable. Abusée parce que Maître Garrault avait bien préconisé ses réactions, qu'il les avait même orchestré à en obtenir promptement un écrit de toute importance juridique ; voyez-là, le culminant fruit de sa manœuvre et du parfait usage de ses non-dits !
Voulant reprendre contact avec cet avocat pernicieux, Agnès apprit
d'une autre bouche qu'il avait cédé son cabinet, qu'il exerçait depuis
peu à Nevers, et, même plus tard, de la part d'autres juristes, que la
gestion des nouvelles affaires de ce Thierry Carpentier lui avait été
majoritairement confiée.
Ici, ces faits parlaient d'eux-mêmes : le neveu avait mandaté Garrault pour œuvrer à détruire toutes les ombres susceptibles d'amoindrir, voire de le spolier complètement d'un héritage qu'il estimait en totale connaissance. Alors complices, et sans même informer le vieux Grandjean de leur dessein, ayant eu vent de l'existence d'Agnès, également de la faille d'écriture de son état civil, tous deux s'entendirent à confirmer cette dernière par l'attestation de la personne concernée ; ainsi à unifier la descendance à venir du fortuné défunt non ab intestat pour le coup.
D'ailleurs, en interrogeant le notaire de Villeneuve-Loubet, Maître Séguier, celui-ci assura que jamais il n'avait été sollicité pour la rédaction d'un testament authentique, qu'il n'avait eu aucun contact avec ce Maître Garrault - qu'il n'en avait jamais entendu parler du reste -, et que, de son côté, il n'était concerné, à présent, qu'au recouvrement des droits de succession relatifs à la propriété de Roquefort-les-Pins.
Aussi, cette machiavélique fourberie, du moins sa mise en scène, se confirmait par les dires d'une secrétaire de l'étude, qui précisait qu'au moment, et bien avant l'entretien qu'Agnès avait eu avec Maître Garrault, personne aurait pu joindre Maître Séguier, puisque alors atteint d'une longue maladie, ce dernier suspendit son office durant plusieurs semaines. Ce dont l'avocat avait dû parfaitement s'informer au préalable de la réalisation de son hypnose.
La femme crédule, la victime baignant de surprise donc, voulant s'enseigner davantage de la teneur de la réelle situation, se serait vue dans l'obligation d'attendre, et, par conséquent, de différer l'entretien pour cause d'insuffisance d'informations.
Maître Garrault, lui, battait alors le fer à sa convenante et désirable chaleur. Le piège avait été fort bien ficelé !

Agnès Sénéchal vit dans un 52 m2 au septième étage d'un immeuble situé rue Legendre, dans le 17 ème. Tous les matins, peu après l'aube, un épervier se pose un instant sur l'un des rebords de son balcon. Eh oui ! des éperviers volent sur Paris !...
À travers la vitre qui le sépare de l'appartement, il croise souvent le regard d'Agnès. Il ne s'en effraie pas, et, de derrière ses deux yeux presque ronds, il observe tout en voulant dire, tout en voulant affirmer de son langage muet : « Par des volontés célestes, mon existence reste celle d'un oiseau de proie ; la tienne, celle d'un humain. Acceptons ce qu'elles ont d'expiatoire nos existences, car elles ne sont que des passages, des étapes à franchir avant d'atteindre le mérite d'une autre vie plus lumineuse », et, en ce nouveau jour, Agnès de répondre de cet analogue langage muet :
« Qu'il va me sembler interminable ce passage, maintenant que je sais qu'il aurait dû revêtir une toute autre forme. L'oiseau, si un jour tu l'entends, dis-moi à quoi ressemble ce que l'on nomme le
mérite... »


Laurent Lafargeas, 1982
N105 ed. 27.06.2008.

 


 

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