Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Club littéraire d'Ile de France est un site de publication internet de littérature francophone. Vous desirez lire des textes inédits ou publier vos propres textes ? Nouvelles fantastiques, romantiques ou fantaisy... Des poesies, des essais ou autres... N'hésitez pas à nous contacter. Vous êtes le bienvenu !

Publicité

Ma galaxie

 

Wolfgang Amadeus Mozart

Andante du cinquième concerto pour piano en ré majeur,

interprété par Derek Han et l'orchestre philharmonique de Paul Freeman.


Ma galaxie

 

 

 

 Lorsque nous dissertons sur l’iniquité universelle,

bon nombre d’exemples et de sujets s’imposent au débat,

mais la plus douloureuse iniquité reste celle de celui qui manque audit débat ;

entendons, celle ou celui qui nous a quitté .

 

Avant de partir vraiment, je souhaiterais vous présenter ma famille, vous parler d’elle ; vous la décrire, à défaut de l’évoquer.
Anodine pourrait-elle être ?... Certes, non pour moi !
Ce sont des personnages à part entière qui la composent, et dont l’avenir sculptera leur importance, à chacun, dans ce vaste univers spatial et temporel qui nous cerne.
Lui, c’est mon grand frère, Jean-Philippe, de quatre années mon aîné.
Il est responsable, comme le répète souvent Papa.
Voyons que davantage il détient l’aptitude, le plus fréquemment, à se faire appeler « Arthur ».
Considérablement, il peine à la  sous-cime des grandes classes, mais il ne baisse jamais les bras. Enjoint lui a été d’être un exemple pour nous, ses cadets.
Pourtant  - et plusieurs fois il me le fit savoir -, il aimerait faire autre chose : de l’art peut-être ? De la musique entre autre …
Quoiqu’il en soit, pour l’heure, il ne peut s’encombrer d’autant de choix.
Par la force des choses, Jean-Philippe, dans cette famille, c’est l’espoir ; et voici son rôle !…
Aussi, de ceci, il s’y accroche  - vous pouvez me croire -, mais, en marge, beaucoup mon frère réfléchit…
Pour moi, c’est mon « tuteur spirituel ». Il s’intéresse à tout, et ne manque pas de me faire partager son savoir, ses nouvelles connaissances acquises, et ceci sur n’importe quel sujet.
Aussi, il en a érigé des entreprises auxquelles j’ai moi-même participé : un écran de cinéma, où tout le quartier venait voir nos photos de vacances, un théâtre de marionnettes avec un complet scénario – j’en ris encore. Toujours, son imagination m’entraîne d’un enthousiasme à la mise en œuvre de ses projets.
Ophélie, c’est ma petite sœur. Il n’y a que Maman qui l’appelle comme cela. Normal ! c’est elle qui prit le plus grand soin au choix de son prénom.
Papa s’adresse à elle par « Lie », quant à nous, Jean-Philippe et moi, c’est « Ophe », ou « Bophe » selon les cas.
Un peu agaçante par moment, de loin non autant réfléchie que nous autres, ses frangins, elle n’en demeure pas moins plus silencieuse. Surtout lorsqu’elle s’enferme avec sa collection de fausses perles, ou encore avec les petites copines de son âge qui s’interdisent, bizarrement,  tout élan de jeux spontanés d’avec les garçons.
Ce qui se dit et s’échange alors derrière la  porte de la chambre d’Ophe, disons que cela relève du mystère… Probablement que déjà, ces fillettes se préparent à devenir des femmes.
Parfois, c’est avec ma sœur que je passe mes journées à baptiser mes soldats de plomb. Sereine, elle participe malgré que cela ne lui soit peu ludique. Moins créative que Jean-Philippe, elle aussi s’intéresse pourtant à nombre choses.
Bref ! Ophélie est d’une nature calme, et c’est tant mieux !
Maman, s’entend beaucoup plus volcanique. Faut dire qu’elle à charge de tout, au-delà de son travail.
Le linge, la cuisine, le ménage, les courses, nos devoirs, et j’en passe…
Difficile pour elle de réduire l’ampérage, et tous les accents sont bien là, je puis vous l’assurer.
Enfin, l’amour qu’elle nous porte se lit parfaitement sur son visage ; également, il excuse haut la main ses fréquentes colères.
C’est que trois enfants d’âges différents, ce n’est pas simple à gérer.
Et puis, Maman, c’est la plus belle femme de tout le lotissement…
Venons-en à Papa : notre père !
Malgré le container de soucis qu’il cumule chaque jour à son bureau et ailleurs, à la maison, c’est peut-être lui le plus rayonnant.
Toujours prêt à blaguer. Sévère, très rarement, et constamment à l’affût de traquer la moindre de nos contrariétés ; comme si Dieu en personne l’avait mandaté de notre protection – et protection rapprochée, si je puis me permettre…
Je peux vous dire également que, dans sa vie, il en a rencontré des échecs.
La réelle félicité ne l’a pas toujours accompagné, mais sa famille, c’est bien pour lui la complète réussite qui annule ses pertes ; et, toutes ses pertes.
Papa, ce n’est pas trop un manuel ; pas vraiment bricoleur donc, mais quel cerveau !... Quelle culture !...
Il n’y a pas un soir où nous apprenons quelque chose de moins intéressant que ce que nous rapportons de l’école.
Papa, il aimerait bien que, plus tard, je devienne historien.
L'histoire, c’est la source de mille connaissances, dit-il.
À présent, parler de moi, ce n’est plus très utile…
Enfin, je peux vous garantir que le dimanche, lorsque nous sommes tous réunis, eh bien, ce n’est que du bonheur.
Voilà, en quelques mots, je vous ai décrit ma famille, ma cellule, ma galaxie ; du moins mon ex galaxie maintenant que je me dirige vers une autre.
Là, où je ne sais si je serais plus heureux que je ne l’ai été jusqu’ici.
Déjà, cette famille - ma famille – me manque.
Aussi, pensez bien que, sans aucun doute, je vais leur manquer, et que la joie qui dominait en notre pavillon – en notre famille -, cette joie, pour toujours disparaîtra de cette galaxie que je ne souhaitais pas vraiment quitter.

Laurent Lafargeas, 1990.
ed 4.08.2008...
 

 

 

 

 


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article