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Club littéraire d'Ile de France est un site de publication internet de littérature francophone. Vous desirez lire des textes inédits ou publier vos propres textes ? Nouvelles fantastiques, romantiques ou fantaisy... Des poesies, des essais ou autres... N'hésitez pas à nous contacter. Vous êtes le bienvenu !

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Ethylismologie

Ethylismologie

 

 

 

(première partie)

 

 

 

 

 

Aux mets, jamais noble ne boit eau.

Que quantité il y ait, ou encore presque rien, dans les deux cas, on ne lui sert que du vin car, aux mets, jamais noble ne boit eau.

Et, digne ivresse n’épouse trop peu !

~ ~ ~

Un écrit, quel qu’il soit, doit être en perpétuelle métamorphose ; toujours, il doit muer. En aucun cas, il ne peut demeurer définitif, du moins du vivant de son auteur. Il est comme la pensée qui le guide ; c’est-à-dire en constante quête d’amélioration. Et, supposons que l’on ait rien à dire, eh bien, c’est la même chose… Il s’agit là d’un pur respect de la pratique !

                                                             ~ ~ ~

Ah, l’argent, la sève de notre nouveau monde !

En fait, pour affirmer cela, aurait-il encore fallu que l’on ait connu l’ancien monde.

Quoiqu’il en soit, reconnaissons tout de même que notre sang a bien changé de couleur.

                                                            ~ ~ ~

 

 Des femmes qui parlent vite, certes il y eut Françoise Sagan (jamais je ne l’ai rencontré, et je n’en fus guère lésé), disons que celle-ci parlait beaucoup trop vite, mais des femmes qui parlent vite en général, on se demande souvent pourquoi.

Sont-elles ainsi nerveuses qu’elles craignent de ne pas être, en temps, suffisamment entendues ? Ont-elles peur d’engendrer de leurs dires un débat nécessiteux de plus amples réflexions : un débat qui les obligerait à ne plus parler ? Ou encore, tout simplement, sont-elles

conscientes qu’elles n’ont en réalité rien à commenter, mais que leur désir de s’exprimer doit cependant, dans l’urgence, s’assouvir ?

(Remarquons ici que, d’intuition, elles connaissent la fragilité de leur audience).

  À cela, n’ayant donc pas de réponses immédiates, soyons cléments, et acceptons qu’une femme qui parle vite présente néanmoins le charme - pour ne pas dire l’avantage - de se taire avant les autres.

                                                              ~ ~ ~

 

Les prouesses physiques solliciteront toujours davantage d’admirations que celles émanantes de l’esprit. Cela s’explique aisément puisque ces dites prouesses ne sont pas sans limites.

Observons-là que les rapports et le côtoiement d’avec l’infini n’épousent peu de généralités.

Enfin, évoquer les derniers résultats sportifs auprès d’un enfant, en y ajoutant du mirifique dans le terme de surcroît, ce n’est pas transmettre l’enseignement qu’on lui doit à cet enfant ; c’est, au mieux, contribuer à faire de lui un autre futur imbécile.

                                                                ~ ~ ~

 Il y a certaines envies ou motivations qui ne gardent leur entrain qu’au moment où elles y joignent un soudain bénéfice. Ceci, avant de s’estomper, bien entendu, aussi rapidement parfois qu’elles s’ont apparues.

Par exemple, au regard d’un menu proposé, ce que l’on choisit quasi immédiatement lorsque l’appétit nous tiraille, nous l’engloutissons derechef certes, puis au-delà, si l’on considère notre choix hâtif, on se lamente guère sur le met que l’on a exclu. Quoi de plus normal, nous sommes repus !

Alors, nous devons en conclure que toutes nos envies sont ponctuellement sélectives, et, qu’autant nos repas doivent être variés, autant nos désirs se lassent… C’est bien là aussi le cas de nos rapports affectifs !

                                                            ~ ~ ~

Je n’ai jamais pu définir ce qu’est exactement la nature de la perte de temps. De ce comment je dois, j’entends utiliser et économiser

le mien. Certes, je m’y attache, mais je n’y trouve pas encore la légitime et meilleure raison de le gaspiller (j’ai là cependant le sentiment d’en avoir perdu déjà beaucoup). Enfin, j’essaie de le percevoir noble, et, de cela, que mes proches me le pardonnent.

                                                            ~ ~ ~

 

Nous rêvons trop souvent à des charmes inaccessibles, et c’est bien notre éloignement de ces charmes qui nous rend impossible leur atteinte réelle ; entendez la concrétisation de nos rêves…

Ainsi, nous convoitons la femme qui ne s’approche pas encore de notre intimité, mais notez cependant cette autre vérité, qu’il conviendrait là de maintenir la distance pour garder le rêve.

                                                             ~ ~ ~

 

Si les jeunes français portent des casquettes vulgairement américaines, c’est que les casques à pointes ne sont plus en vente, et qu’une tête creuse exige cependant un minimum de protection, comme le serait indispensable celle veillant à la coque d’un œuf vide. S’ils se chaussent en plastic fluo, bariolé, voire en lumineux, ces jeunes français, c’est pour constamment se rappeler que la science reste dans le pied, et, si tout le haut devient fluo, c’est en souvenir d’E.T., le petit monstre de Spilberg.

Si le jeune français porte une ou deux boucles d’oreille, c’est pour emmerder ses parents, à défaut de vouloir ressembler à sa frangine. S’il pratique le piercing, c’est qu’avant de capter des ondes positives, faut déjà voir peut-être à faire sonner les détecteurs de métaux. Notez, qu’un trou au visage, ou ailleurs, demeure toujours apte à évacuer le surplus d’eau que l’on stocke dans le crâne.

Si le jeune français se rase la tête, c’est pour différer son identification en cas de grosse connerie. De toute façon, l’intelligence et la coiffure de Léonard de Vinci n’ont jamais été à la mode !

Et pourquoi certains d’entre eux se rasent-ils complètement la tête ? me demanderez-vous… Eh bien, pour économiser un shampooing, aussi pour ressembler à Fabien Bartez (un joueur de foot sans plus de relief d’ailleurs).

Ici, une autre question s’imposerait : pourquoi les jeunes français déambulent, indolents, en mouvements d'épaules comme des ours bruns ? Réponse simple : ils avanceraient rapidement, déterminés comme des loups, nous viendrait la regrettable idée de les embaucher.

Aussi, ces jeunes français, volant en mains, s’ils circulent en ville à toute vitesse, c’est bien pour s’entraîner au préalable d’avoir les flics au cul, et, que pour prendre son temps, ne serait-ce qu’à la réflexion, faudrait-il posséder un esprit.

Et, s’ils tendent à devenir agressifs, ces enfants, c’est que tout de même, ils ont entendu qu’il faudra un jour devenir quelque chose.

Néanmoins, accordons-leur, à ces jeunes français, que lorsqu’ils insultent la police, c’est bien, qu’innocemment, l’insulte demeure le seul dialogue dont ils furent enseignés ; tout comme le verlan du reste, qui les dispense de l’achat et de la lecture d’un dictionnaire quelconque. L’académique, ce n’est pas leur truc !

Maintenant, il faut les comprendre ces jeunes français ; il faut les tolérer lorsqu’ils s’assourdissent de sons techno. À cela, ils subsistent mille raisons légitimes ; notamment celle, qu’en matière technique, ils n’obtiennent aucune note, et, qu’à l’écoute de Mozart, des notes, il y en a trop !

Accordons-leur également que s’ils fument du haschich, bah !

c’est pour éviter d’être alcoolique comme papa ; aussi de paraître constamment abrutis.

Etat qui recèle l’imminent avantage d’être exclu de toutes les usines, vous en conviendrez...

Par contre, ce qui m’attriste le plus dans l’attitude et l’avenir de ce jeune français, c’est qu’il enfantera à son tour d’une engeance dite humaine, comme hélas le fut également celle du néolithique.

                                                            ~ ~ ~

 

  Un certes faible temps, je fus à la recherche du prolifique et de l’enseignement des richesses de l’autre. Au mieux, j’ai tenté de puiser, je me suis abreuvé parfois du fruit délicieux que la femme conserve et protège comme ma félicité dont elle aurait pu s’estimer l’humble gardienne en mon absence. De ce fruit, je m’en suis copieusement abreuvé, dis-je, mais la vraie fortune, si pauvre soit-elle, c’est à l’intérieur du moi que je l’ai réellement acquise. Humblement, à mon tour, et je vous y invite, observez-là les causes essentielles de mon égocentrisme. Celui qui se perçoit inné à tort.

                                                           ~ ~ ~

 

Enfant, j’étais flamme… Et il me plaît à le croire encore !

Aussi, flamme je le serai plus loin…

Pour l’heure, je me consume d’indifférence : cet océan qui me sépare, en son amont, de ma hargne juvénile, en son aval, la sortie de ce monde. Ce monde dans lequel il me reste la désagréable appréhension du pour rien avoir brûlé.

                                                                ~ ~ ~

 

 Surtout

Surtout, évitez les visites assorties de conversations inutiles ; il y a davantage de savoir en vos lectures et en vous-même.

L’esprit est un organe de travail, et non pas un membre à divertir, ou encore un objet à exhiber.

Surtout, en ce sens, sachez doser au moins vos rapports avec les hommes ; ils ne peuvent que vous laisser que réduit d’homme…,

à votre tour !…

Surtout, n’adulez pas niaisement les vertus dites qualité d’âme, comme la détestable humilité, par exemple. La bonne ou la mauvaise conduite ne sont que des images ponctuelles accordées à l’admiration ou à la haine des autres.

Surtout, n’en ayez que faire…

Surtout, ne construisez pas l’osmose toujours imparfaite de la sécurité.

Trop elle vous isole des réels conflits auxquels il demeure impossible de se soustraire.

Surtout, n’avortez pas vos tentations ; d’échecs en félicités, elles constituent le vrai relief de votre nature. Ici, voyez les dogmes et les anti-vous d’excellence comme les pires faux amis.

Surtout, n’offrez pas à la conscience universelle le trône légitime qu’elle s’efforce de vous ravir. De celle-ci, rencontrez-la, et, de ma part, urinez dessus !

Surtout, appréciez le silence ; c’est malheureusement le seul et dernier antidote de la folie de notre siècle.

                                                              ~ ~ ~

 La poésie est l’un des émissaires du divin. Son langage est éternel, et son ambition reste la vocation même de l’infini. C’est-à-dire qu’elle peut former un cycle en perpétuel mouvement, produisant ainsi une énergie intarissable. Malheureusement, elle doit se préserver sans cesse de la stupidité qui, elle, n’utilise pas toujours un langage métaphysique pour se propager aussi éternellement et aussi lamentablement.

                                                               ~ ~ ~

 

Ce sont les pays que nous inventons qui possèdent les plus belles régions ; les villes imaginaires demeurent les plus silencieuses, et seuls sont agréables les gens qui n’existent pas.

Ah, que j’aimerais donc régner sur de tels éléments, comme Dieu sur la terre paraît-il.

Malgré cela, je me pose tout de même une question : les chimères de l’esprit ne seraient-elles pas, à l’inverse, les véritables créateurs de l’individu, entendons aussi de toutes ces choses qui sont dites non illusoires ?…

                                                               ~ ~ ~

 

Dieu, l’art vous le fait voir, la musique vous le fait sentir, et la poésie, elle vous le dit.

Cependant, vous restez seul à pouvoir le vivre.


Un enfant qui le connaît.

 

                                                       ~ ~ ~

 Une suite

Voyez comme peuvent être amusantes quelques pensées

suspendues : tandis que l’homme s’endort sur les colonnes du jour pour ne pas devenir Prométhée ou chanteur d'amour, son naïf foyer, d’honnêtes conditions, éloigne l’intérêt du cœur au profit de funèbres et noires desseins. Reconnaissez donc, que la passion de l’animal roi est de mourir sur son passé sans même gagner l’effroi de sa propre destinée.

                                                      ~ ~ ~

 

Mes bouteilles, mes verres pleins, ma faiblesse éthylique donc, éloignez-vous, et quittez les années, peut-être les longues années que je dois rencontrer. Je veux croire que, face à moi, une perle de volupté attend votre départ.

Ne la décevez pas, elle mérite - et toujours je veux le croire - le meilleur de ce qu’il me reste.

À quoi bon vous obstiner ? …, si votre guerre veut s’engager, vous la perdrez. Je vous le répète, elle est perle et vous n’êtes que misère !

                                                         ~ ~ ~

Il y a de fortes chances que Dieu créa l’homme le quatre février mille neuf cent soixante, à Livry-Gargan.

Quant à la femme, les présomptions conviennent qu’il n’en soit qu’à son dix huit milliardième essai.

                                                           ~ ~ ~

 Avoir connu son père demeure un avantage certain.

Sur l’âge, cela vous offre des points de repère ; en théorie c’est lui qui vieillit le premier ! Il reste vrai que, parfois, il peut trépasser après vous, mais cela est moins fréquent. Vous en servir de référence, n’est pas une mauvaise idée ; vouloir le copier, par contre, c’est inutile…, vous détenez ses gènes.

Toutefois, s’il fut l’ami de Jacques Chazot, et qu’il était fan de Patrick Juvet, alors, cessez de le pleurer ; oubliez-le !

                                                         ~ ~ ~

Si je n’excelle ou m’écourte en poésie, c’est que celle-ci toujours véhicule insidieusement une autre morale. Certes toute personnelle, mais une morale tout de même.

                                                        ~ ~ ~

Puisque le spirituel a toujours été ma priorité, j’avoue, et depuis longtemps, subvenir au nécessaire qu’avec les pieds.

                                                          ~ ~ ~

Si le banal universel perdure et se multiplie en vomissante et sempiternelle épidémie, c’est que notre espèce n’a pas encore découvert une autre réelle science que celle de se reproduire en exemple du banal.

                                                           ~ ~ ~

 Les éthiques, les mœurs, les dogmes et les morales, et moralités, ont si parfaitement distancé les hommes les uns des autres que d’instinct, à présent, ces hommes réagissent avant tout par autodéfense ; aussi bien dans les affaires que dans les guerres ; dans tous contacts, dans tous dialogues, dans tous débats…

Voyez que ces nommées conventions ont également et abusivement œuvré à la construction d’un mur d’épaisseur suffisante à isoler outrageusement ces hommes de leurs propres compagnes. C’est là à croire que le plus étriqué dans son rôle finira par étouffer l’autre.

                                                           ~ ~ ~

 

 

 

 

Ethylismologie (seconde partie)

 

 

 

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