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21 septembre 2006
Demain, se porter défenseur du Front National c’est vouloir sauvegarder les notions de pragmatisme et de liberté qu’il nous reste, et, croyez-moi, là-dessus je m’entends. Ce n’est pas cautionner l’ascension de l’obscurantisme comme beaucoup s’attachent à le démontrer, mais, non en marge de l’absurdité – résultante du scrutin universel- , c’est d’usiter des faibles armes qui, paraît-il, sont celles des urnes.
Sans trop observer que le parti est né et a grandi justement par carence d’une réelle gestion étatique, voyons-le néanmoins comme le porte-parole, ce parti, de mille raisons ayant droit à l’expression, si ce n’est à la colère légitime.
La colère d’une élite, comme nombre veulent le spécifier.
Qu’ils en apportent les chiffres !
Voyons-le animé ce parti par simple désir de protection de l’entité que représente celle dite de la démocratie. Et surtout, n’y voyez pas là du fétichisme abusif !
Pour ma part, la démocratie demeure une évolution humanitaire, somme toute, mais rien de plus, et jamais une utopie susceptible de se réaliser pleinement un jour ou l’autre.
Je reste rationnel, et je reste moi-même !
C’est un leurre, et épions-le comme tel…
Maintenant - et c’est sur ce dont j’accentuerais ma détermination -, c’est que, si cette convention, voire même convention goudronnée d’incohérence, doit un jour apparaître en totale intervenante, il demeure inconcevable que ladite convention observée échappe à ses propres fondements.
En d’autres termes, vouloir étouffer dans l’œuf toutes formes cartésiennes de l’opposition au principe qui pourtant l’autorise, c’est modifier les règles du jeu en cours de partie. C’est aussi considérer les électeurs comme des imbéciles malléables à souhait.
Il conviendrait alors de prohiber, avec le plus virulent attachement aux principes dans lesquels nous sommes nés donc, cette fameuse démagogie déguisée, mais qui garde la teneur et le pouvoir insidieux de bannir ou d’exiler la liberté de dire.
Le Front National, tout obsolète qu’encore beaucoup usent de barrages institutionnels pour nous le faire croire, le Front National se présente déjà, en lui-même, comme une entière forme de liberté d’expression.
Entendez ici que je ne défends pas le Front National (rien que cette appellation me hérisse le poil) ; entendez que je défends ici son droit de parler. C’est ce que j’affectionne le plus, ce supposé droit de parler ; ceci en tant que républicain peut-être, en tant que démocrate certainement, en tant que libéral sans aucun doute, aussi tout simplement en tant que citoyen. Ce que nous sommes, vous, lecteurs et moi-même ! (et toujours selon les principes en vigueur).
A quoi bon, je vous le demande, à quoi bon toujours nous prendre pour des crédulo-imbéciliens ?
Le Front National, à ce que nous savons, respecte les données de la constitution promulguée ; celle qui soi-disant préconise théoriquement l’intervention de tous, et ceci depuis 1958.
Du reste, elle indique que tout français garde en lui le pouvoir de modifier l’aisance de son prochain !
Pourquoi, toujours en vertu de nos principes, occulterions-nous le tertre où se juche Jean-Marie Le Pen ?
Pourquoi, lui, à son tour et comme d’autres l’ont fait sans vergogne, ne serait-il pas autorisé à crier, de sa voix la plus haute : « Français, Françaises, je vous ai compris ». Ce qui, somme toute, voulait bien signifier : « restez naïfs au mieux, que les dangers imminents j’y veille », ou ce qui voulait dire encore : « travaillez, cotisez, adhérez mais la gestion de la République, jamais ne pourrait être votre affaire. »
Il y eut une occupation, puis des guerres motivées par la sauvegarde de nos acquis ancestraux – et j’insiste sur ce mot puisque les débats en sont pour cause -, puis il y eut hélas l’eau qui coule dessus. Observez déjà l’eau dans la tête de nos dirigeants, pour commencer, et ensuite, celle qui devait ruisseler sous les ponts de Paris et sous les ponts d’ailleurs.
Le roi, le cheval de bataille, c’est devenu le contribuable. Le seul susceptible de transformer le paysage historique. Le seul apte, de ses finances ponctionnées, à nourrir toutes les idées, toutes les absurdités, toutes les inepties conservant la promotion, la primeur, en tout cas l’assurance que l’institution garde un rôle bénéfique.
Aveugles, nous le sommes, et ici entendez-moi, aveugles nous le resterons si je , si vous, si nous ne défendons pas le Front National.
Entendez également, qu’il n’est primordial de le voir s’imposer, certes, mais comprenez qu’il naîtrait dans nos craintes de ne plus jamais le voir représentatif.
J’insisterais donc une fois de plus, et je vous inviterais à la lumière de base qui vous commande de voir le Front National disparu comme la disparition de vous-même, et quoi qu’il arrive au-delà de vous-même.
Ce que je viens d’écrire reste de la logique pure – et j’en suis convaincu - ; qu’une âme pensante au plus rationnel, vienne à moi, à nous, vienne à nous prouver le contraire.
Albert KEYAN.