À présent, le dessous de mes yeux s’est enflé.
De pleurer, de trop boire, ou de rides que le temps oblige,
mon visage est devenu le témoin passif de son mal vécu.
Peut-être une détestable carence, incontournable en ce sens ?
Déjà, j’en suis résigné !…
À mille endroits, je n’ai su faire ; autant pour moi
que plus regrettable pour toi.
Entend-là, que toute ardeur s’est dissipée
de notre malfaçon d’exister.
À toi les larmes, à moi le blâme !…
Quitte, nous ne pourrions l’être,
mais je puis te garantir que, dans un ailleurs plus serein,
dans un quelque part dont j’imagine l’air circulant plus sain,
notre amour, à la surface d’une paisible rade,
se verra, pour longtemps,
beaucoup mieux ancré.
C’est du moins ce qu’il me reste à croire maintenant,
où nos vie se trouvent lamentablement séparées.
À présent, la solitude est ma nouvelle compagne.
De cela j’en suis résigné,
dis-je, comme accueillant le feu, le serait l’immolé.
Aussi, voyons cette familière solitude, peu à peu devenir une alliée
et en amie se muer.
Laurent LAFARGEAS
P109-2006.