Maintenant, à quoi bon se fâcher sur ces Etats brigands enchevêtrant au plus absurde le piège « évolutif » dont il prône la conception internationalement dominante, et ceci bien au-delà de toutes nos réactions estimées primaires ?
Le monde souffre !... Et il semblerait que ce soit de notre faute !
Encore que ce monde aurait-il, lui, la compétence de panser mes plaies ?
Il n’en a certes que faire, et pour moi seul, il demeure alors indispensable que je m’octroi ma part d’aisance, aussi faible soit-elle, dans ce monde n’ayant toujours pu s’émanciper de la souffrance qui constamment le guette et me guette.
Me serait-il commandé de laisser ma place à d’autres ; à de plus méritant pour lesquels me serait-il également enjoint que je me conduise moi-même dans un camp d’extermination, comme il y en eut jadis, et dont, sans trop forcer, il serait aisé de retrouver les portes complètement ouvertes ?...
Vomir est le verbe qui me viendrait à l’esprit en ce constat s’il ne me restait pas une part d’amour à l’égard de mon « moi ».
À présent, disons qu’il nous est assurément commandé de ne plus entretenir d’exigences nationales ; ni plus de méritant confort dont notre passé eût pourtant bien du mal à rendre légitime.
Enfin, notons que « légitime » n’est certes pas un mot qui jamais ne su s’accompagner de « régression » : un autre mot, pour l’heure, de toute actualité.
Laurent Lafargeas.