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2 Décembre 2005 (Actualites)

2 décembre 2005

 

 

Hier, premier décembre 2005, c’était la journée nationale ou internationale consacrée à la lutte contre le sida. Notons là, une entité méritante davantage qu’une autre maladie tout autant dévastatrice : entendons le cancer. Reconnaissons, qu’à défaut d’intellect éminent de la part de notre peuple anesthésié, il fallait bien que les médias, au service réel d’on ne sait qui, s’en attribuent le rôle.

Ah que la mode et les phénomènes de mode font de notoires progrès !

Alors nous écoutons, de la part directe cette fois de l’information générale parfaitement instituée en ce sens, que la France déplore que " seuls " trois employeurs ont été, jusqu’à présent, condamnés à la peine prévue pour discrimination à l’égard d’un salarié atteint de ce misérable virus.

Nous savons – rien nous permettrait d’affirmer de ne pas avoir été suffisamment informé -, que les pires coupables sont bien les employeurs, dans notre pays…

Maintenant, je m’interroge et souhaiterais connaître les moyens que la généralité en vogue préconise au mieux pour nos vils employeurs, afin que ces derniers protègent, dans les règles, le reste de leur personnel dont la situation valide, par privilège à peine décent, n’aurait lui, de son côté, rien à exiger de vraiment légitime de la part de son patron.

Bah oui !, le sida c’est une défaillance organique des plus normales…

Ce qui l’est moins, c’est la réaction protectrice de ceux qui ne veulent pas partager cette défaillance.

Bande d’égoïstes !…

Enfin, je me demande, et sans réponse j’en demeure profondément attristé, combien d’employeurs nous serons dans l’obligation d’envoyer en prison, si notre pays se retrouvait en totale épidémie de peste noire, de choléra où même de fièvre aphteuse provenant d’on ne sait où ?

Le risque, dont nos moralités font priorité à endiguer, aurait-il quelques formes et visages intouchables ?…

Le fléau dont il est question, comme la plupart des épidémies d’ailleurs, demeure sans aucun doute, un grand malheur individuel, mais nous ne voyons pas directement la logique qui nous inviterait à en créer un autre en mettant en péril nos entreprises déjà considérablement sur le fil d’une multitude de réglementations.

Vous me direz que la discrimination peut être, perçue par l’opinion nationale préalablement forgée par l’appareil médiatique, une bonne manière de légiférer dans le sens d’une pénalité rentable pour les caisses de l’Etat.

Aussi, notez que depuis longtemps, en France, embaucher reste un audacieux coup de poker ; à présent, et plus encore dans notre avenir reluisant, le fait seul de proposer une embauche comportera des risques différents mais tout autant délicats.

Disons que je m'interroge sur nos récentes éthiques : hier, c’était la journée de quoi ?, celle qui ambitionne d’endiguer le sida par prévention ou bien celle qui définissait les poursuites tournées à l’encontre des non malades qui souhaitent préserver leur santé ?…

 

Albert KEYAN.

 

 

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