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Le faux adulte (poesie)

Le faux adulte

 

Enfant, lorsqu’au-delà d’un temps trop long,

sans nécessité, mais davantage par obligation,

au terme d’une interminable séparation

donc, je retrouvais ma mère enfin,

et je croyais que ce bonheur n’aurait jamais de fin.

Du contraire, mon âge ne pouvait le deviner ;

rien d’autre, il aurait d’ailleurs imaginé.

Pas l’ombre d’un nuage à ternir cette vitalité,

ni même savoir comment

les autres enfants retrouvaient leur maman.

La mienne, en dehors de cela,

demeurait la plus belle ; ce qu’isolait mon cas !

Du reste, hors les dires, je le savais déjà.

Aussi, je me plaisais à l’entendre,

mais faisais mine de ne pas le comprendre.

Ah, que mon père devait être un homme heureux !,

de l’avoir à ses côtés, comme le traduisaient certains envieux

avec l’espoir qu’ils avaient dans les yeux.

Hélas, papa fit autrement

de cette fortune qu’il détenait pourtant.

Il fit je ne sais quoi ;

probablement n’importe quoi,

comme ce que plus tard je fis, moi.

Disons ici, qu’à travers le temps,

je ne sus faire autrement.

 

Alors, oserais-je le porter à l’écrit :

l’époque dont je parle fut bien celle d’une féerie.

C’est-à-dire celle de mes parents réunis,

et oubliant le défaut qu’est celui d’un prétentieux,

je dirais que, pour moi, ils étaient l’entité Dieu.

Le concevoir différemment aujourd’hui,

malgré tous mes efforts, je ne le puis.

Egalement, en ce sens, mes recherches sont finies !

Mais, quoiqu’il en soit, je dois reconnaître

cependant ne pas souhaiter renaître.

 

Et, de mon interminable adolescence,

j’affirmerais, pour ma défense,

qu’il ne s’agit pas d’une pitoyable carence,

car un enfant, même grandi,

garde le droit de rester petit.

Laurent LAFARGEAS.

P71-2005

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