Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Clif C'est Quoi ?

  • : CLIF (Club Litteraire d'Ile de France)
  • : Club littéraire d'Ile de France est un site de publication internet de littérature francophone. Vous desirez lire des textes inédits ou publier vos propres textes ? Nouvelles fantastiques, romantiques ou fantaisy... Des poesies, des essais ou autres... N'hésitez pas à nous contacter. Vous êtes le bienvenu !
  • Contact

Administrateur

  • Laurent
  • Réac, atrabilaire, mais non sans expérience le justifiant. Sens de l'humour permanent, mais hélas sens de la réalité qui s'échappe de jour en jour. Par contre, même houleux, j'aime bien les échanges de point de vue. Et sur tous les sujets.
  • Réac, atrabilaire, mais non sans expérience le justifiant. Sens de l'humour permanent, mais hélas sens de la réalité qui s'échappe de jour en jour. Par contre, même houleux, j'aime bien les échanges de point de vue. Et sur tous les sujets.

Recherche

4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 19:47

Ma Joséphine

Elle nous chantait, j’ai deux amours

Je l’adulais ma Joséphine

Pas celle trônant sur la Savane

Celle qui traînait dans sa savane

Pas la béké, mais la Baker.

Diva, divine aux beaux atours.

La taille cintrée d’un régime

Il fallait du cran pour oser.

Petite sirène tropicale

Morceau d’ébène encore friable

Qui s’avéra incontrôlable

Reine d’un courage implacable

De qui tous les élans de cœur

Voudront prodiguer du bonheur.

 

On te marie vers les douze ans

À un concubin bien gênant.

Tu te libères de cette entrave

En lui cabossant la calebasse.

Née au Missouri, Miss sourire

Tu prétends la planète séduire.

Voilà que tu tentes ta chance

Voici que l’aventure commence

Plus sûrement qu’elle continue

Tu t’avances vers l’inconnu.

Chanteuse, danseuse déhanchée

Insaisissable et convoitée

Douceur, langueur, jamais captive

Frénésie d’une écorchée vive.

Ta voix de colibri des îles 38

Part à la conquête des villes.

Mélange de mélancolie

Petite flamme pleine de folies

Jazz-charleston-Boogie-woogie

Deux amours. Mon pays : Paris.

Tes admirateurs viennent en nombre.

La perle noire fait de l’ombre

Aux belles Mistinguett et Marlène

Denture plus blanche que porcelaine

Tu deviens Star de la Revue

Ceci ne s’était jamais vu.

Voilà que la guerre nous surprend

On eut pu le savoir avant

Je venais juste d’avoir un an.

Le gros des troupes est sur le flanc

La France s’adonne à la débâcle

Sur les routes quel triste spectacle.

Tu sauras vite choisir ton camp

Quand trop resteront hésitants.

Tu t’engages auprès de la Croix Rouge

Sans attendre que plus rien ne bouge

Tu insères dans tes partitions

Des messages pour les compagnons

Forces Françaises de l’Intérieur.

Pour ton combat libérateur

Comme Jeanne tu entends une voix

Celle de notre ancêtre « Gaulois ».

Puis vient le temps de l’accalmie

Hitler nous laisse anéantis.

On découvre pis que l’horreur

Les heures du désastre et des pleurs 38 39

Une part spéciale pour les peaux d’ambre

Beaucoup ne verront plus décembre

Pour un lambeau de peau foncé

On les fit leur tombe creuser.

Pourtant il avait tout écrit

À l’affût d’adeptes soumis

Mein Kampf n’était pas un bréviaire

Affidés si fiers de lui plaire.

Ce qu’on n’aurait imaginé

Devant nos yeux ; réalité.

On t’offre la Légion d’Honneur

Tu milites pour toutes les couleurs

C’est près de Martin Luther King

Que l’on aperçoit ta bobine

Bientôt à l’horloge de ta table

S’affairent douze frimousses adorables

Autant d’enfants que tu adoptes

Que de maris que tu révoques

Ce n’est pas facile d’être une Dame

Une Nova dans ce Paname

Tu rassembles filles et garçons

Levain de tous les horizons

Pour la plus belle des moissons.

Toi qui connus les vexations

Tu signifies au monde entier

Qu’il est possible de s’aimer.

Dans ta demeure des Milandes

Tu veilles sur cette belle guirlande

Tu chantes : deux amours par défi

Et clames : Mon pays est Paris. 

 

 

Henri Moucle

 

 

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 15:23

Créolités montmartroises

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne suis point d’ici, et non plus de là-bas

Créole des créoles. Matin, trop de couleur

Et soir, accent pointu dont se gaussaient mes frères.

Issu de Nègropole c’est-à-dire de nulle part

Ou plutôt de partout, hybride de cultures,

Comme une graine égarée, que le vent a happée

Dans son jeu de hasard, pour la déposer là

Ignorant les frontières, pépite de cacao

Sur une nappe blanche. J’ai grandi en rêvant

À ce lointain pays que j’avais dû quitter

Bien avant ma naissance. J’ai fredonné la Seine

Et chanté l’Océan, avec deux Joséphine

Aux destins différents. L’une fit battre les cœurs

Régime de bananes, sur jambes de déesse

Adoptant un patchwork d’enfants abandonnés.

L’autre fit battre les corps. Adepte du Code noir

Elle a prôné l’esclavage. Pour exploiter ses terres,

Et bien plus ses semblables.

Je faisais d’un frisson une vague géante

Je gravissais Montmartre, ma Montagne Pelée

Et le volcan en moi ne dormait déjà plus.

J’ai appris de l’enfance, ce qu’est la différence.

Le bœuf mode purée, le boudin antillais

Le poulet du dimanche, le divin pain au beurre

Des jours de communion. Le steak et la morue

Friand de poisson frit, j’adorais les ignames

Papayes-mangues-patates-douces, arrivés par colis.

Les premiers émigrés débarquaient de Bretagne

D’Italie, d’Espagne ou du ventre d’Auvergne

Avec leurs habitudes, façonnant leur quartier.

34 Ma peau une tache sombre dans l’hiver neigeux

On voulait me toucher, quand d’autres étaient au cirque

Viens voir ses cheveux, leurs dents sont des diamants

Les Noirs rient tout le temps. Une femme a glissé

Sur mon visage un doigt, qu’elle avait pris le soin

D’humecter de salive, testant mon maquillage.

Des fenêtres apeurées se ferment à la campagne.

D’autres s’ouvrent incrédules sur l’ombre d’un passage.

Des têtes blondes se pressent, des hublots nous regardent.

L’œil rond soudain s’éveille sur un monde inconnu.

Une maman a dit au petit turbulent,

Si tu ne restes sage, et ne veux te calmer

Le Monsieur t’emmènera, se tournant innocente,

Un sourire complice, vers l’Oncle désabusé.

Nous étions une poignée, nous étions une famille

Paris du dix-huitième, pari de s’en sortir.

Tous cousins, tous frères.

Tu ne laisseras pas dormir

Quelqu’un devant ta porte avec le ventre creux.

Il fallait se serrer, pour se chauffer le cœur

Tout autant que le corps, lorsque l’indifférence,

La peur, l’ignorance, hantent le voisinage,

Qu’un ogre venu de l’est, mange toute une jeunesse

Et dévore les âmes. Certains ont pris les armes

Très peu sont revenus. On se sentait Français

Il nous reste les larmes et un manteau d’oubli.

Il fallait à l’école prouver qu’on existait

Et bâtir notre histoire en passant au tamis

Ce que nous enseignait la chère Mère-Patrie

Et qui nous paraissait pour le moins indigeste.

La pomme de terre, c’est sûr, nous vient de Parmentier

‘Cristovo Colombo’, nous a tous engendrés

L’argent se faisait rare, pour lui c’était l’hiver

Les frimas éternels, personne n’en possédait 34 35

Il n’y avait pas d’envieux. Après une dure journée

Les hommes se racontaient, derrière le bastingage

Tout au bout d’un comptoir, et la fumée des bars

Se mélangeait aux brumes bleutées qui s’exondent des mers.

Les mâles croisaient leur chope pour retrouver le punch

Le verre du condamné à aller de l’avant.

Un petit coup de punch entretenait l’espérance

D’un retour peu probable vers l’île évaporée.

Ils plongeaient avec fièvre dans les nuits

Exotiques du 33 rue Blomet

Ce haut lieu du Bal Nègre très prisé de Paris

Où Jean Rezard de Wouves se mettait au piano.

Artistes-intellectuels-écrivains-journalistes Toute une gent huppée venait s’accoquiner

Sur des rythmes endiablés arrivés des tropiques Jazz-biguine-et-danses d’Afrique

Un passage à Paris passait par le Bal Nègre.

Le 33 rue Blomet, endroit célèbre-mythique

Où le damier noir sur fond blanc, inspirait la musique !

Les peaux des percussions et celles des acolytes

Vibraient du même frisson sans retenues pudiques.

Les marins, les dockers pouvaient rouler des hanches

Sans risquer la nausée. Nuits nègres contre nuits blanches.

Tandis que près de là, à quelques encablures

À quelques pas peut-être, au détour d’un café,

La mère au sacerdoce protégeait ses ouailles

En étendant son règne de l’évier au fourneau.

La marmite sommeillait, l’abdomen rebondi

Juste avant de s’ouvrir aux bouches affamées

Les quenottes aiguisées, le rire au bord des lèvres.

Le parfum des épices jouant les passe-muraille,

Flottait dans chaque pièce. La soupe bourdonnait

On l’allait partager avec ceux qui s’échouaient 36

En quête de travail, ayant fait à leur tour

Le voyage de l’espoir. On s’ajustait autour

Et le tour était joué. Quoi de plus naturel !

Un gramophone grincheux mais encore bienveillant

Dans sa condescendance, consentait à jouer

Quelques biguines alertes au son d’une clarinette.

Stellio nous enchantait et Delouche reprenait

Les rythmes chaloupés, mélange de gaieté

Teintée de nostalgie. J’aime l’accordéon

J’adore le tango, prise le bandonéon

Mais mes hanches sont faites

Pour rouler comme vague

À la quête de l’île mystérieuse et sauvage

Et ses odeurs de canne, de sueur sirupeuse

Éden parfumé, bouquets ensoleillés.

Pour moi Madinina à la grâce d’une femme.

 

Henri Moucle.

 

 

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 11:20

Orage, eau, des ex-poires...


Poème en alexandrins psychédéliques et aquatiques




Comme diraient les bonnes pâtes : l'eusse tu cru ?  
Victimes du béton, voilà les fleuves en cru !  
Le Maneken pisse sur les choux de Bruxelles 
Les piments se gondolent à Venise et se pèlent
Les noyers sont noyés, les escargots en bavent     !
A l'Alma, un pont de Paris fait le zouave 
Trempées, les tubercules se rongent la rate 
Les bintjes gorgées d'eau n'ont plus la patate
La gariguette ne ramène plus sa fraise
Cette herbacée, noyée, est prise de malaise
Charentais, tu perds le melon, découragé
Orage, eau, des ex-poires se voient immergées  !






F.D. 06-2016


Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 11:20

La marine m'a rendue des services,

Elle m'a appris tous mes vices.

Plus rien n'éclaire ma lanterne,

Aucune lumière, tout est terne.

Accrocher au bastinguage, les filles du large

Avec tout l'équipage, faut que ça voyage.

Je gagne très vite mes galons

Du mousse au capiston.

Je me retrouve souvent en haillons,

À cause de leur éducation

Sauvages cris, suivis de clameurs,

Ils veulent leur part de bonheur.

Leurs mettre une muselière,

Cela finirait en enfer,

Hallucinante troupe de choc,

Sous leurs assauts, je suffoque.

L'amour des marins me touche,

À eux mes dernières cartouches.

 

Madame Bénito

28 novembre 1965

 

 

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 09:46

J'ai fait ma vie à ma manière

Tant pis si l'on me jette la pierre.

Sourde à l'appelle de la vertue

Vice grace à toi, je me suis perdue.

Le vice dans sa splendeur

Pervertie, me porte bonheur.

Vice, mon rayon de soleil

Vice, une pure merveille.

Vice, tu colles à ma peau,

Vice, mon meilleur cadeau.

Sainte Vierge, comprends-moi, 

C'est moi qui ai pitié de toi ;

Si j'étais en prière à ta place,

Je jure faire la grimace. 

 

 

Madame Bénito

28 novembre 1965

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 16:12

Quant à moi, au-delà de ces nuages,

au-delà de ces mirages,

puis-je y joindre au vôtre mon envole

sans y mêler l’once d’une larme ?

Me serait-il permis de croire être ou devenir ce sourire,

ce bonheur non inapte à envahir votre cœur ?

J’ose y penser, j’ose le rêver, ainsi me voir l’apaisant, le restaurateur

de toutes les plaies, les déchirures de ce même cœur.

Également, espérer vous conduire un jour dans cet ailleurs

où l’on s’enlace, et où rien ne lasse.

Le jardin d’au-delà ces nuages,

d’au-delà ces mirages,

où, sans retenue, d’avec et de vous, j’apprendrai,

 

je conjuguerai sans fin, l’hédonisme du verbe aimer.

 

 

Laurent Lafargeas

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 18:57

Lettre d'une morte

 

Ecoutez mon aveu sincère.

J'ai couru après la misère.

Pour l'amour, je me suis perdue.

Mon coeur se ballade dans l'inconnu.

Mon voyage, l'évasion dans le néant,

Mes souvenirs balayés par le vent.

Dans ce pays privé de lumière

Mes regrets finissent en poussière. 

Edith Piaf dans son éternité

N'a plus l'âme tourmentée

Miracle de la mort.

Vivante, je reste encore.

J'ai eu un bel enterrement.

La légion et tout le tremblement.

La môme Piaf, on l'a pleuré

Sur sa tombe, on va prier.

Sainte Edith exaucera leurs voeux

Des humains qui restent malheureux.

 

 

Madame Benito

le 6 septembre 1966

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 09:53

26 janvier 1888


 
Cette chanson est associée à la Commune de Paris.

 

LOUISE MICHEL

Louise, c'est l'impersonnelle
Image du renoncement.
Le «moi» n'existe plus en elle ;
Son être est tout au dévouement.
Pour ce cœur vaste et secourable,
Ivre de solidarité,
Le seul air qui soit respirable,
C'est l'amour de l'Humanité.

On la condamne: elle défie
Son juge, féroce et pourri.
Qu'importe, à qui se sacrifie
Le poteau noir de Satory?
A ses bourreaux, près de la tombe,
Elle parle fraternité.
Que lui fait la mort ? Elle tombe,
Pour l'amour de l'Humanité.

On la déporte: Elle ne souffre
Que pour ceux, près d'elle blottis :
Combien doit pleurer, dans ce gouffre,
Le père, éloigné des petits !
Captive auguste, elle ne pense,
Qu'aux frères en captivité.
Leurs blessures, elle les panse,
Pour l'amour de l'Humanité.

On l'amnistie : elle se lève
Et revient, le front calme et doux.
Grave et lente, sa voix s'élève
Et son cœur parle parmi nous.
De son repos faisant litière,
Bravant le pouvoir irrité,
Elle se donne tout entière,
Pour l'amour de l'Humanité.

On l'emprisonne : Comme au bagne,
Elle règne par la douceur,
La proxénète est sa compagne ;
La prostituée est sa sœur ;
De la voleuse elle est complice ;
Aux froides sœurs de charité
Elle parle de la Justice,
Pour l'amour de l'Humanité.

Une brute, sur elle tire
(Bien mieux qu'Aubertin sur Ferry)
Mais, loin de poser au martyre,
Elle s'arrête, puis sourit:
«C'est à moi ! Qu'on me l'abandonne !»
Dit-elle, «qu'il soit acquitté !
Il s'est trompé ; je lui pardonne,
Pour l'amour de l'Humanité.»

Plus d'un la traite, en vrai Jocrisse,
D'«hystérique», journellement.
Crétins ! folle de sacrifice !
Hystérique de dévouement !
Écrivains aux longues-oreilles,
Jadis, Plutarque eût souhaité
Beaucoup d'héroïnes pareilles,
Pour l'honneur de l'Humanité !

 

          JULES JOUY

 

 

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 07:56

Ton nom

 

Ce nom qui m'a choisi

Ce nom qui est en paradis

Ce nom à l'appel des vivants

Ce nom ne répond plus présent.

Ce nom que je couvre de pleurs

Ce nom qui reste ma douleur.

Ton nom, culte de ton souvenir

Ton nom me fait encore souffrir.

Ce nom, souvent j'en ai rêvé

Ce nom, pour son âme, j'ai prié.

Ce nom devenu chair en lambeau

Ce nom couché dans le tombeau.

Ce nom dit "Amie ne regrettes rien"

Ce nom reste quand même mon grand chagrin.

 

Madame Bénito

20 juin 1966

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 07:58

Le voeux de Bénito

 

Laissez moi entrer dans votre coeur

Je suis le marchand de bonheur.

J'ouvre les bras à plus malheureux que moi

À mes affreux taudis, j'offre la joie

Je payerai môme de ma vie.

Pour leur donner leur paradis

Je ne veux plus voir les gens souffrir.

Pour ensuite de misère en mourir

Avant qu'ils ne ferment les yeux

Je veux les savoir tous heureux. 

 

Madame Bénito

19 novembre 1965

Repost 0
Published by Laurent - dans POESIES CLIF
commenter cet article