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Préface aux pays sombres
Les gouffres
Art. 169-1 / 24.02.2011 – La municipalité
Probablement dans un souci d’amoindrir les dépenses de la fonction publique, la loi Marcellin du 16 juillet 1971 préconisait 3 500 fusions de communes. Ce qui aurait pu être un bon début d’économie, certes, mais hélas ce fut un total échec. De cet abordage du bon sens, seules 1 100 municipalités furent réellement fusionnées. Pour la plupart de ces dernières, dans le milieu rural, c’est davantage vers le but de percevoir les subventions de l’Etat qu’elles ont obtempéré à la réforme.
Ailleurs, l’élection municipale répondant à une étiquette politique, rares furent les élus adoptant l’idée de s’unir à son voisin opposé. En d’autres endroits, les communes pauvres furent exclues des nouvelles structures intercommunales. Aussi, le plus souvent, c’est par crainte d’une perte de pouvoir - d’intérêt donc – que la fusion ne pu se faire. C’est ici l’exemple de Toulouse qui ne vit apparaître sa communauté urbaine qu’en janvier 2009.
En d’autres lieux encore, c’est aussi la perte de la juteuse taxe professionnelle qui motive la non-adhésion. Enfin, les raisons sont multiples, et les soi-disant conservateurs s’y attachent en trouvant parfois nombre désuètes évocations patrimoniales cautionnées de l’autochtone toujours naïf.
C’est que la « fonction » ce n’est pas rien. Il y a les émoluments, disons les indemnités.
L’indice brute mensuel, dit indice 1015, est de 3 741.26 € . Pour un élu d’une collectivité inférieure à 500 habitants administrés, la perception s’élève à 17 % de cet indice. De 20 000 à 50 000 administrés, 90 %, puis 145 % au-delà de 100 000 habitants, soit 5 424,83 € (moitié moins pour les adjoints).
Ne parlons pas des avantages de la retraite, mais évoquons tout de même ceux du poste dont la nature n’est pas négligeable : logement, rab de réception, personnels de service, véhicule, parfois avec chauffeur. Et, sans supposer l’absorption de pot de vin, nous pouvons, sans exagération concevoir les petits cadeaux provenant d’entreprises locales, voire de celles plus loin, mais chargées de mission d’aménagement ou autre.
Et tout cela se maintient par, tout d’abord, le contribuable (taxe d’habitation, taxe foncière – bâtie ou non bâtie – taxe professionnelle, actuellement re déguisée), les revenus du patrimoine (un musée ou un château renaissance, c’est parfait), les services rendus, et enfin, les dotations de l’Etat (encore le contribuable). Ici, la liste est longue. 7 ou 8, dont la plus exaltante est la récente dotation de compensation à la perte de la taxe professionnelle. Quoiqu’il en soit, la dotation globale de fonctionnement perce le budget national de 38 milliards d’euros par an.
Et si nous parlons chiffre retenons ceux des coûts et surfaces entretenues : 280 millions de m2 pour 1 500 000 000 € de dépenses en gaz, chauffage, électricité et entretien. Bien entendu, dans ces chiffres, l’enseignement occupe la plus grande part de la dépense, mais les bureaux administratifs à simple usage municipaux engloutissent tout de même 10 % de la somme indiquée, et ceci sans évoquer les autres charges de personnel, bien supérieures.
Bien entendu, nous savons que les tâches de l’élu et de sa multitude de subordonnés relèvent d’un pouvoir exécutif d’importance : publications des lois et règlements, légalisation des signatures, surveillance des funérailles, gestion des cimetières, intervention sur les aliénés, organisation des élections, établissement des actes d’état-civil, célébration des mariages, contrôle de la sûreté générale, règlementation d’urbanisme, délivrance des permis de construire, autorisation d’ouverture d’établissements, réglementation des enseignes et panneaux publicitaires, enquêtes sociales, risques d’incendie, réglementation de la chasse, la circulation, etc…, mais ces prérogatives se justifient-elles sur des communes ne dépassant pas 0,04 km2 comme pour Castelmoron d’Albret en Gironde, ou sur 1 ou 2 habitants comme à Rochefourchat dans la Drôme et Majastre dans les Alpes de Haute Provence ?
(notons ici que meilleur paradoxe nous obtenons dans la Meuse, où la mémoire de certaines communes, détruites durant la grande guerre et ne recensant aucun habitant, se passeraient bien de 3 voire 5 conseillers municipaux nommés par le préfet. Citons Fleury devant Douaumont, Bezonvaux, Haumont près Samogneux.)
Bref ! avec cet esprit se reposant sur une providence biséculaire, la France compte 36 682 gestions communales dont 92 % de moins de 2 000 concernés ; soit une moyenne de 1 794 par mairie. Et, en ne comparant que nos voisins (5 756 habitants par commune en Espagne, 6 695 en Allemagne, 7 432 en Italie), et, sans parler du Danemark – 55 875 toujours en moyenne -, nous pouvons sans erreur nous consacrer les champions du monde de la dépense territoriale.
Laurent Lafargeas.
Si les autres parties du monde ont des singes, l'Europe a des français ça
compense.
Arthur Schopenhauer
"Le libéralisme économique, c’est la main invisible du marché dans la gueule du peuple."
Franck Dumont
''Si je décide un jour de me suicider, j'irai me jeter dans le Gange. C'est pas que je sois mystique, mais ce fleuve est
tellement loin de chez moi qu'en m'y rendant à pied j'aurais largement le temps de changer d'avis...''
Frank Dumont
Ne demandez pas aux gens pourquoi ils courent partout sans arrêt, ils ne prendront pas le temps de vous répondre…
Franck Dumont
Franck DUMONT
Faux rêveurs forever
Pièce en 1 acte
(Transcription d’un songe d’Eva Dumont)
Décor : La scène est plongée dans le noir, l’intensité lumineuse monte en même temps que la musique de fond, quand la lumière est à cent pour cent la musique s’arrête. Le décor du
plateau est constitué d’une plate-forme aux formes irrégulière avec un léger rebord. Le fond et les alentours de la plate-forme sont noires, la plate-forme est couleur marron. En son centre un
grand sac poubelle, de chaque côtés deux personnages (une femme A, un homme N) étendus dorment en position fœtale. Le personnage féminin (A) se réveille, se déplie en écartant lentement les bras,
se met debout puis s’étire, elle ouvre ses yeux encore mi-clos. Tout à coup ses yeux deviennent exorbités elle se met à courir en tout sens sur le plateau, s’arrêtant à chaque rebord sur la
pointe des pieds pour ne pas ‘’tomber’’ à l’extérieur.
A : - Ainsi çà n’était pas un rêve !
N : - Quoi qu’es-ce qui n’est pas un rêve ? (N se trouve debout tout en se frottant les yeux il à été réveillé par la course de A)
A : - Alors tu es là mon frère, tu n’es pas retourné au néant avec tout le reste…
N : -Tout le reste, qu’es-ce que tu racontes, et d’abord qu’est que tu fais dans mes songes, çà ne te suffit pas de remplir ma réalité depuis tant d’années que tu t’obstine à avoir les même
parents que moi ?
A : - Garde ton calme mon frère, ce que tu vois autour de toi n’est pas un songe, c’est la réalité, aussi absurde et cruelle qu’elle puisse te paraître !
N : - La réalité ? Tu es folle ma sœur, encore plus folle que je ne le pensais !
A : - Et bien, si tu es si malin pinces-toi ! Pinces toi à t’en tordre de douleur, ton corps meurtri te feras toucher la vérité
Un sourire narquois barre le visage de ‘’N’’, il se précipite aux limites du plateau. ‘’A’’ l’arrête en le tirant par le bras juste au moment ou il va passer de l’autre côté.
A : - Arrête, si tu saute, tu finiras le reste de ta pauvre vie dans le vide infini !
N : - Et alors, si tu as raison autant en finir tout de suite !
Il essaie de sauter de nouveau, elle le retient...
A : - Ne me laisse pas seule, j’ai peur !
N : - Tu as peur, mais de quoi ? Tout ceci n’est qu’un cauchemar ordinaire, d’ailleurs s’il en était autrement ne serions nous pas déjà mort de froid et de manque d’oxygène ?
A : - Je ne sais pas ce qui c’est passé, je sais pas pourquoi nous sommes là, je ne sais même plus quoi penser, j’ai l’impression que mon cerveau, comme la sphère ou nous vivions va exploser à
son tour, en tout cas pour l’instant nous sommes vivants.. Où plutôt des survivants, j’ai dans la tête l’écho du fracas apocalyptique qui à détruit la terre, les temps de la prophétie de
Saint-Jean sont arrivés et nous voilà sur un morceau de la planète, une espèce de satellite perdu dans l’infini !
N : - Ah la belle histoire ! En matière de prophétie moi je pencherais plutôt pour une guerre nucléaire, nos condisciples humains ont toujours porté en eux la rage de
l’autodestruction ! Si tu as raison nous voilà des sortes d’Adam et Ève à l’envers, les fossoyeurs de l’espèce humaine et ce caillou sera notre tombeau, si nous ne sommes pas encore morts
par le froid et l’étouffement nous allons périr par la faim et la soif.
‘’N’’ s’approche du sac bleu et se met à tourner autour, les mains dans le dos.
N : - Et bien Ave, puisque tu sais tout de la réalité que nous vivons, dis-moi ce qui peu bien y avoir dans ce sac, la curiosité me porte à fouiller dedans, il pourrait bien s’y trouver
quelque nourriture, mais quelque chose m’empêche de le faire, quelque chose comme une main invisible..
‘’A’’ porte les mains sur son ventre, elle se met à tourner autour du sac en même temps que son frère.
A : - Il me semble y entendre des rumeurs, des vibrations, une sourde complainte, de petits gémissements à peine audibles, des flux d’énergies, des odeurs, de la vie…
N : - Des vibrations ? De la vie ? Excuse mon prosaïsme mais moi j’y verrais plutôt comme un sac à provision, j’ai bien envie d’y plonger le bras pour voir..
Attends, laisse moi faire, il y à quelque chose d’infiniment précieux là-dedans…
‘’A’’ plonge la main dans le sac avec un geste d’une infinie lenteur, soudain elle s’arrête.
N : - Quoi qu’es-ce qu’il y à, quel est encore ce nouvel accès de démence ?
A : - Écoutes-moi et comprends si tu peut.. Je sens au bout de mes doigts toutes les choses de l’ancienne vie terrestre !
N : - Explique-toi, je n’y comprends rien !
A : - Je sens le souffle des hommes et des femmes, la froideur des pôles, la chaleur des déserts, le sable, l’eau des fleuves glisse entre mes doigts !
N : - Tout çà dans un sac en plastique, et quoi d’autre encore ?
A : - J’entends la plainte des animaux, les cris des enfants, le bruit du vent dans les arbres, la fureur de la lave des volcans, le clapotis des mers…MORTES !!! Un parfum de bois
brûlé parviens à mes narines, la paume de mes mains se griffe aux morceaux de ferrailles calcinés, aux angles des rocs broyés, aux brisures de verre…
Elle retire sa main.
N : - Tu dis qu’il y aurais là dedans de l’eau, des choses à manger…
A : - À quoi penses-tu, serais-tu assez barbare pour te nourrir des restes de l’humanité !
N : - Je suis l’aîné, c’est à moi de prendre les décisions maintenant !
A : - Être l’aîné ne te donnes pas plus de plomb dans la tête !
N : - Si je n’ai pas autant de plomb de la tête que tu le souhaiterais, en tout cas toi, tu n’as pas de cœur, regarde moi, j’ai faim et j’ai soif…
A : - Je peux faire quelque chose, ferme les yeux et compte jusqu’à dix.
N : - Quoi ?
A : - Tu as faim, tu as soif ?
N : - Oui, c’est çà…
A : - Alors vas-y
Pendant que ‘’A’’ compte, une personne en noir apporte un sac à dos sur le plateau.
A : - Retournes toi…
N : - Qu’es-ce que c’est, on dirait un sac à dos…
A : - C’est, un sac à dos ! Celui que j’avais quand je partais en colonie de vacances.
N : - Mais comment est-il arrivé là ?
A : - Par mon imagination, c’est simple.
‘’N’’ ouvre le sac en continuant à parler.
N : - Ton imagination ! Vraiment tu es mure pour l’hôpital psychiatrique !
Il sort du sac un papier alu, une gourde métallique et un gros réveille. Il renifle l’emballage en papier alu et le déplie.
N : - Oh, un sandwich au Mutella !
Il coupe le sandwich en deux et en tends un bout à A.
A : - Non, manges, en vérité je te le dis, c’est sûrement ton dernier repas…
N dévores le sandwich et ouvre la gourde.
N : - Je suppose que tu ne veux pas boire non plus, c’est au sirop de grenadine ?
A : - Bois, le sucre adouciras ta gorge seras le signe du souvenir de notre alliance par le sang qui coule dans nos veines…
N bois goulûment et s’essuie la bouche d’un revers de la main.
N : - Et maintenant, qu’es-ce que nous allons faire ?
A : - Maintenant, nous allons attendre.
N : - Attendre quoi, attendre qui, qu’es-ce tu racontes !
A : - Calme-toi mon frère, te voilà soudain bien nerveux.
N : - Mais te rends tu compte, nous allons mourir ici dans d’atroces souffrances, dans le manque, dans l’angoisse, dans la folie !
A : - C’est étrange, il y à un instant tu semblais persuadé que nous vivions un rêve commun et maintenant tu es tout aussi persuadé de finir sur un lambeau de notre défunte planète perdu dans le
cosmos.
N : - Et toi qui es si maligne, toi qui sais tout, toi qui es si forte qu’es-ce tu penses de tout çà, tu n’à pas peur !’
‘’A’’ se lève et d’un pas las, elle va ramasser le réveille que ’’N’’ à sortit du sac à dos tout en parlant.
A : - Oui j’ai peur ! Mais je sais que la réponse à tout çà ne tardera pas à venir…
N : - Encore un mystère, vas-y expliques toi, je n’en plus !
A fouille au fond de son sac à dos, elle en sort une boîte de médicaments et le fait voir à N.
A : -Regardes, tu sais ce que c’est ?
N : - C’est ce que tu prenais pour dormir quand tu étais petite, le médecin t’avait prescrit çà, un truc très fort. Et alors, qu’es-ce que çà à voir avec tout çà ?
A remontes le réveille et le pose par terre. Elle sort le contenu de la boîte de médicament et en tend la moitié de pilules à N
A : - Prends çà, nous allons dormir… Longtemps... Nous nous réveillerons chez nous, ou à l’hôpital, nous n’aurons fait qu’un cauchemar. Ou alors…
N : - Ou alors ?
A : - Ou alors nous mourrons dans notre sommeil, de faim, de froid, de soif, de manque d’oxygène. Je ne sais pas…
Ils avalent en même temps leur poignée de médicament.
N : - Alors adieu petite sœur…
A : - Adieu ou à bientôt. Tu sais ce sac bleu, çà n’est peut-être pas le tombeau de l’humanité ; ces sons aquatiques, ces vibrations, cette eau, c’est peut être le liquide amiotique de
l’humanité à venir…
N se met à sourire.
N : - Eh, tu te rappelles !
Il se met à chanter :
N : - Somwhere, under the raimbow...
Ils chantent en chœur et s’allongent par terre. A pose le réveille entre eux deux. Ils s’endorment tandis que le son de l’horloge s’amplifie, la lumière décline jusqu’au noir
complet.
Des moyens qui, trop souvent, nous font pitoyablement défaut.
- La carence étouffe le don.
- Le sel du pouvoir n’est hélas pas toujours au met du vouloir.
Perdre, engendre immanquablement la faculté de la recherche.
Ombre et souvenir n'ont aucune force.
(Les vampires)
- Quand négligence prend le pas, misère suivra.
De nos jours, l’utile règne comme le prince absolu de tout. Il a remplacé toutes les croyances, et a même détrôné le raffinement !
(L’aigle du Mont Paléria)
La valeur de l’eau réside en son absence.
Si elle s’abstenait de violer les convenances, la mendicité n’aurait plus d’avenir.
La quête de la félicité demeure la plus ambitieuse.
C’est incontestable !
Par contre, ce qu’il y a de plus inattendu, c’est la diversité de ses échecs.
(Ultimus)
- Toujours le tort assombrit le talent.
Qu’infime ou large soit l’errance, partout elle domine…
Et, contre icelle, tout restera vain.
(Le monde, Paris, mon épouse et moi)
Notre création ainsi même que notre continuité ne sont vulnérables que de nos besoins.
- Jamais l’art ne dissimule la tare.
Mieux que vos dons, le défaut séjourne en la mémoire d’autrui.
La pauvreté est une partenaire ultra fidèle ; c’est bien souvent durant toute une vie qu’elle nous accompagne !
L’espérance est fille de misère ; sa beauté peut donc n’être que moindre.
L’équité est un leurre magnifique, et que sa recherche dite salutaire deviendra toujours beaucoup plus criminelle que son contraire.
(Le prince noir)
Laurent Lafargeas
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